L’ambivalence de l’expatrié

Quand je suis arrivée pour vivre aux US, on m’a dit « A Houston, tu pleures 2 fois : en arrivant et en repartant ». Alors ça, en arrivant, je confirme, j’ai pleuré ! Mon Dieu que j’ai trouvé la ville moche ! Comme je vous ai expliqué dans mon dernier article, je suis passée par à peu près toutes les phases de blues, du bleu d’orage au bleu d’océan, du bleu tempête au bleu « je veux ma vie d’avant »…

Et puis, ma foi, tout doucement, on commence à s’habituer à la ville, à ses habitants, à la platitude du relief, au manque, au fait de devoir tout faire en voiture, à l’absence de petits marchés, aux vêtements léopards, aux bêtes sauvages étranges… Et puis on y prend goût, on commence à apprécier la douceur de l’hiver, la gentillesse des gens, la nourriture approximative, la simplicité de la vie, les grandes maisons, l’espace…

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On se fait des amis, on se soutient, on échange, on grandit ensemble. Parce que oui, s’expatrier, c’est grandir. Je n’avais jamais rien vécu d’aussi fort avant mon expatriation, je n’ai jamais autant appris sur moi même que depuis que je suis sortie de ma zone de confort. Si vous vous cherchez, croyez-moi, allez vivre à l’étranger ! Vous êtes sûrs de vous trouver !

Je ne suis pas concernée par un retour en France pour l’instant. Comment vouloir rentrer alors que j’ai encore besoin de pousser mes limites ? Comment vouloir rentrer alors que j’apprends sur moi et sur les autres tous les jours, dans les moindres gestes du quotidien ? Mais autour de moi, de nombreuses personnes n’ont malheureusement pas le choix, crise du pétrole oblige. Et je comprends leur débat intérieur : quel bonheur de rentrer auprès des siens, mais quel déchirement de quitter la vie ici ! Et voilà pour moi toute l’ambivalence de l’expatrié : quand on a connu deux terres, deux vies, deux cultures, comment ne plus comparer ? Est-ce qu’on n’a pas un petit bout de cœur de chaque côté ? Alors, au moment de partir, au moment de quitter nos amis bien souvent pour toujours, et bien on pleure. Parce qu’en étant parti une fois de France, on ne pourra plus jamais revenir comme avant…

Et, pssssittt, je vous rassure, tout va bien, hein ! J’essaie juste de mettre en mots les discussions que j’entends autour de moi. Les départs se font malheureusement trop nombreux en ce moment, mais ainsi va la vie d’expat’… L’impatriation est aussi difficile, parfois même plus difficile, que l’expatriation. Un jour, ça sera mon tour, alors doucement, je me prépare…

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