Dans l’ombre de Houston

6h30 ce matin, je me lève (dans le pâté), prête à reprendre une vie normale après 2 jours hors du temps, enfermés à la maison à cause des récents orages. Je descends les escaliers, regarde par ma porte d’entrée vitrée, et vois que je ne suis pas la seule à reprendre le cours de ma vie aujourd’hui.

6h30, comme tous les mercredis matins à cette heure-là, 2 jardiniers attendent une heure un peu plus raisonnable pour commencer le travail harassant qui les attend : l’entretien de l’immense majorité des jardins de Houston.

 

 

En arrivant à Houston, dans ma maison dont la surface est aussi agréable qu’inutile, j’ai voulu essayé de tout faire moi même, que ce soit l’entretien du jardin ou celui de mon intérieur. J’ai tenu 9 mois, et après un automne à voir les milliers de feuilles de mes 5 grands arbres envahir ma pelouse, puis voir cette même pelouse et toutes mes plantes tropicales pousser à la vitesse de la lumière dans ce paysage luxuriant au printemps, j’ai craqué, et j’ai fait appel, comme une grande majorité de Houstoniens, à des jardiniers. J’ai aussi craqué pour une femme de ménage tous les 15 jours, pour m’aider un peu entre le travail et les enfants.

La semaine dernière, j’ai vu sur Facebook la photo ci-dessous : un ouvrier mexicain qui a fièrement affiché le drapeau de son pays en haut d’un futur hôtel à Vancouver, le Trump International Hotel. Il a voulu montrer, à sa façon, que dans un hôtel qui porte si mal son nom, de très nombreux Mexicains travaillaient dur, en faisant du bon travail, envers et contre tout ce que dit ce grand Mr. Connard (si vous suivez un peu les élections américaines, vous pouvez vous imaginer ce que je pense des idées sur l’immigration de Trump et de Cruz… J’y reviendrai, d’ailleurs, don’t worry…)

 

PHOTO: This image of a Mexican flag and a worker on top of Trump International Hotel and Tower Vancouver was posted to Diego Saul Reynas Facebook page, April 2, 2016.

 

Alors aujourd’hui, je pense à ce monsieur en haut de son building, je pense à mes jardiniers qui s’approchent tout doucement de 4 mois de travail par 45C à l’ombre, je pense à ma femme de ménage qui me montre fièrement la photo de ses enfants à l’université, chance qu’elle n’a jamais eue, je pense à tous ces Mexicains qui font tous les jobs les plus durs de Houston, sans parler la langue, pour un salaire misérable, bien souvent sans papiers.

Alors désolée Mr Trump, mais sans eux Houston n’existerait pas. Parce que tous ces Mexicains dont vous reniez le travail sont les petites mains de l’ombre qui font vivre la ville, qui l’entretiennent, qui la réparent et qui, j’en suis sûre, l’aiment. Et donc moi aujourd’hui je leur dis un grand MERCI, pour tout ce qu’ils font pour nous, pour ce travail difficile, pour leur courage, car ils n’ont certainement pas le choix de cette situation, mais qu’ils ont le droit d’être respectés et remerciés.

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