La vie rêvée de la femme d’expat

Femme d’expat, où que tu sois dans le monde, aujourd’hui je vais défendre ta noble cause, ton courage de prendre l’avion seule 2 fois par an pendant 18h (option escale chez les Inuits incluse) avec tes marmots, ton envie de travailler impossible à réaliser, ta difficulté à te refaire une vie sociable et à prendre rdv chez le dentiste pour tes enfants !

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Ce matin, j’ai posé innocemment cette question sur ma page FB : comment imaginez-vous la vie d’une femme d’expat (si vous êtes en France) / comment imaginiez-vous la vie d’une femme d’expat (avant de partir, si vous êtes expat maintenant) ? Après je suis partie au travail et je me suis posée 10h plus tard devant mon ordi (lessivée : je bosse en maternelle^^). Merci à mes copines toujours au top qui ont répondu !

Femme d’expat, tu es prête à casser les idées reçues ? Aujourd’hui, cet (un peu long, j’ai l’âme bavardeuse…) article est pour toi !

LA VIE REVEE DE LA FEMME D'EXPAT

La femme d’expat glande au bord de sa piscine en sirotant un cocktail

Ah, chère femme d’expat, comme les stéréotypes ont la vie dure ! Oui, je sais, ton mari gagne en général plutôt bien sa vie, ce qui t’a permis d’arrêter de bosser pour caser tes rdv manucure dans ton agenda de ministre… Tu profites de tout ton temps libre pour voir tes copines, jouer au cricket et te dorer la pilule. Que c’est doux une vie sans contrainte ! Mais désolée chère femme d’expat, cette vie là, il va falloir l’oublier, car elle n’existe pas… Non, non, n’insiste pas, en presque 5 ans ici je n’en ai (presque) jamais rencontré des comme ça ! Il va falloir te faire à l’idée que ta vie va être un peu plus compliquée que ça…

 La vie rêvée de la femme d'expat'

 La femme d’expat cherche un travail difficile à trouver

Et oui chère femme d’expat, je sais… Quand ton mari t’a annoncé avec un grand sourire qu’il venait de décrocher THE opportunité en or au Koweït, opportunité qui lui ferait faire le bond de sa vie dans sa carrière, tu as immédiatement pensé à la tienne, de carrière. Dommage, tu venais d’accepter le poste de tes rêves il y a 4 mois. Mais un départ en or au Koweït, ça se refuse pas, si ? Tu as donc pleuré toutes les larmes de ton corps en donnant ta lettre de démission à ton chef, avec les mots chômage / femme au foyer / retraite  flottants dans les airs autour de toi.

En arrivant dans ton pays d’adoption, pleine d’espoir, tu te rends d’abord compte que la société de ton mari a oublié de cocher une case dans le formulaire I647-b de ta demande de visa de travail. Bof, ça va, y’a pas mort d’homme, ça ne repousse que de 6 mois ta possibilité de travailler… En attendant, sois contente, tu as plein de temps pour toutes les tâches gratifiantes que tu dois faire ! Trouver un nouveau pédiatre pour tes enfants, trouver tes marques dans les magasins, parfaire ton sourire de « désolée, vous pouvez répéter la question ? », c’est vachement plus fun que le métro-boulot-dodo, non ?!

 La vie rêvée de la femme d'expat'

 Ah, enfin, tu as ton visa de travail ! Voyons donc ce que tu peux faire !!! Ton ancien métier ? Ah non, oublie le celui-là… Enfin attends, y’a peut être une option : tu peux prendre des cours du soir pendant 4 ans pour obtenir une équivalence ! Non ?! Bah pourquoi ? No panic, on va essayer de te trouver un travail local, même si c’est pas ce que tu aimes… Ah attends, non, faut parler couramment la langue… Tu parles couramment le malgache ? Ouais, c’est bien ce que je pensais, désolée…

Cherchons, cherchons, on va bien finir par trouver quelque chose ! Oui, je sais, c’est long et tu commences à t’inquiéter pour ta retraite… Attends, attends, j’ai trouvé ce qu’il te faut ! Prof de français ! Comment ça tu n’as pas les compétences ni le diplôme ? Rien de plus simple, tu tapes « Séquence pronoms CE2 » sur Google, et zou ! Facile ! Ah, j’ai oublié de te préciser, les cours sont de 17h à 19h le mardi et le vendredi, et de 9h à 12h le samedi matin… Comment ça, ça t’arrange pas pour ta vie de famille ?! Tu veux bosser, ou bien ?!

La femme d’expat se sociabilise

Au bout d’un moment, femme d’expat, tu commences à t’ennuyer ferme et ton mari, qui bosse comme un dingue, commence à râler de ne plus avoir de vie sociale. C’est le moment le plus fun de ton expatriation ! A toi d’essayer toutes les activités trépidantes proposées par l’association des françaises de ton quartier ! Bon, la première rencontre de point de croix ne s’est pas passée comme prévue, et décidément le cours de water-polo est trop dur pour toi, mais force toi un peu, au bout du chemin se trouve le nirvana : de nouvelles amies ! Je te préviens, il va y avoir quelques essais/erreurs, mais au moins au milieu tu auras rencontré des gens de tous les horizons et appris à faire un sac en macramé. Oui, oui, c’est long, et tu te sens un peu seule dans ce nouveau pays… Courage, ça va venir !

Si tu veux accélérer le processus, je te conseille l’associatif. Ok, c’est parfois un peu difficile de donner une main et d’y laisser un bras, et puis c’est bénévole (eh, oh, on a dit que ton mari gagnait bien sa vie, qu’est-ce que c’est que ces rêves de vouloir t’assumer financièrement ?!), mais au moins tu rencontreras du monde (et tu pourras trier…). Tu peux même faire du bénévolat dans l’école de tes enfants et prétendre au titre de maman de l’année ! Oui, je sais que toi ce que tu veux c’est bosser, on va pas revenir là dessus… C’est quand même pas de notre faute si ton renouvellement de visa de travail est en cours depuis 4 mois…

La vie rêvée de la femme d'expat'

La femme d’expat doit tout gérer

Chère femme d’expat, quel poids repose sur tes frêles épaules… Comme tu es restée « femme au foyer » pour une durée un peu trop longue à ton goût, il y en a qui ont pris l’habitude de se reposer sur toi (suivez mon regard…). Quand enfin, si tu as de la chance, tu as pu trouver un travail, tu te rends compte soudain à quel point c’est difficile de jongler entre ta vie professionnelle et ta vie familiale. Où sont les bras pour t’aider ? Ah oui, à 8000 kms…

Tout ceci, c’est sans compter l’idée de génie du chef de ton homme qui décide, « pour le bon développement de la société », de l’envoyer 15 jours au Turkménistan tous les 2 mois. Tu te retrouves donc seule, entre ton travail ou tes différentes activités, à gérer le lever-école-travail-école-square-jeux-bain-repas-pleurs-devoirs-mouchage de nez-coucher de tes enfants, agrémentés du ballon d’eau chaude qui lâche, de ton petit deuxième que tu dois emmener chez le médecin de garde à 23h (allô les copains…?!) et des calculs d’optimisation de ton temps pour récupérer ton 3ème à 14h30 à la sortie de l’école, alors que tu finis à 16h… Le quotidien de toutes les mamans, non ? Et bien non, le quotidien d’une maman qui, à partir de 14h se retrouve seule au monde, dans un pays dont elle ne connaît pas tous les codes et dont elle ne maîtrise pas toujours très bien la langue…

La femme d’expat, ce pilier…

Et bien oui, femme d’expat, ton chemin est compliqué. Tu cherches ta place dans un monde où tu ne peux pas toujours travailler, tu te demandes parfois qui tu es et ce que tu vaux, tu es déstabilisée par ce monde éloigné qui t’envie, tu te questionnes sur un avenir bien souvent incertain, tu es fatiguée à l’idée de devoir tout recommencer dans un nouveau pays dans 2 ans, tu dois apprendre à compter sur toi même dans des situations que tu ne pensais pas avoir à gérer un jour… Tu sais que tu es en train de changer dans un environnement qui te fait vaciller, mais tu dois rester solide au milieu de la tempête.

Mais, femme d’expat, que tes doutes, ta fatigue, tes questions et tes cernes s’envolent, car tu es en train de devenir, sans t’en rendre bien compte, le pilier de ta famille. Tout le monde compte sur toi, car sur qui compter d’autre dans un pays qu’on ne connaît pas ? Alors oui, c’est dur, et tu aimerais bien te glisser dans les bras d’une maman toi aussi, mais dis toi que ce que tu es en train de construire avec ta famille, à 8000 kms de chez toi, vaut bien tous ces sacrifices : un noyau dur, solide, ancré, soudé. Tes racines de maman pour faire s’envoler tes enfants. Un pour tous, tous pour un. Et ça, ça n’a pas de prix… Enfin si, peut être le prix de ta liberté…

La vie rêvée de la femme d'expat'

39 commentaires sur « La vie rêvée de la femme d’expat »

  1. Mouahahaha ! Bravo ! Très bien vu !
    En Colombie depuis l’été dernier, je me retrouve bien. J’aimais bien ma liberté et bien envie de bosser mais… Après 8 ans d’allemand, forcément, moins évident !
    Vous saluerez Olivier pour moi: il y a 17 ans, je crois qu’on etait au lycée français de Bruxelles ! 😂

  2. C’est bien ça : « un noyau dur, solide, ancré, soudé ». C’est notre famille après 23 ans d’étranger. L’expatriation est une excellente ecole de la vie!

  3. Ton texte est parfait, tellement vrai! Et même à Miami, je confirme, ça n’est pas si facile, on se sent paumée aussi… Et ici, l’anglais ne suffit pas, sans espagnol, pas de job possible! Merci pour cet article…

    1. Merci à toi surtout pour ton commentaire ! Idem ici, l’espagnol est indispensable ! Souvent, les gens pensent que les US sont proches de la France et que c’est une expatriation facile, alors que c’est vraiment différent et que finalement c’est très dur ! Bienvenue sur mon blog 🙂

  4. Eh oui meme au Kazakhstan je me reconnais !! Car a ttes les copines qui me disent « t’as tellement de chance de partir ds des endroits paradisiaques 3 fois par an, cad les 3 semaines de vacances du mari, dont les billets d’avion sont payes par la boite : trop de chance ! » La je leur reponds  » et qui veut venir a Almaty, la ou on ne peut meme pas se faire operer de l’appendicite, ou tu es sure de te faire arreter 3 fois par an par les flics sur la route, risque majeur d’earthquake, et putsch politique, et demenagement derniere minute et pas de visas de travail possible, sans parler du russe (miam)… « . Generalement ca refroidit ! Mais ds ces conditions les amities st heureusement plus solides et bcp d’entraide !

    1. bel article, merci Miss Texas, par contre Almaty, désolée Stéphanie, ce n’est pas tout à fait ça. ANCIENNE capitale plutôt riche (je compare avec ce que j’ai connu des régions russes) je suis d’accord pour dire que ce n’est pas simple, en particulier quand on travaille et qu’on a des enfants ( et pour ma part qu’on passe par -35° l’hiver) mais pas pour noircir le tableau. Je trouvais le russe difficile… j’apprends actuellement le chinois.))

      1. Ah ah, bon courage avec l’apprentissage du chinois ! Quand je pense que j’arrive même pas à apprendre l’anglais 😉 Bienvenue sur mon blog !

    2. Merci beaucoup pour ton commentaire très intéressant ! C’est vrai que certains pays sont autrement plus difficiles pour s’expatrier, et je pense que le Kazakhstan en fait largement partie ! Heureusement qu’on arrive à s’entraider ! Bienvenue sur mon blog 🙂

  5. Hello je viens d arriver aux USA et tout est dans l article, tout le monde me dit que c est plus facile que l arabie saoudite mais …..NON
    MERCI BEAUCOUP!!!!

    1. Avec plaisir ! Je serais curieuse de savoir ce que vous trouvez de différent par rapport à l’Arabie, ce qui est plus difficile ou plus accessible selon les pays. J’imagine que ce sont 2 cultures complètement différentes de la France et rien que ça, c’est difficile !

  6. Merci pour cet article, je ne suis pas encore expatriée mais peut-être dans 2 ou 3 ans…avez-vous des conseils pour que je m’y prépare ?, dois-je faire une reconversion professionnelle pour trouver en amont un métier exportable ? ou alors je me fourvoie complètement et il faut que j’accepte que je ne gagnerai plus jamais ma vie ? (Mon mari est diplomate)

  7. En verite moi je ne suis jamais allee en Arabie saoudite, c est juste que lorsque je disais que j allais aux usa tout le monde me disait « wouhh super  » et depuis 1 mois que j y suis, personne ne comprend pourquoi j ai du mal a m adapter que je deprime alors on me dit que c est un super pays occidental. C est vrai que c est plus facile de parler anglais que chinois mais tout est complique…les gens ne font pas d efforts pour vous comprendre je ai plus de famille d amis j ai reellement refuse une super promotion, que j attendais depuis des mois…
    Je culpabilise j ai l impression de cracher dans la soupe j ai la chance d etre avec mon mari et nos enfants.
    En tout cas merci encore pour votre post qui decomplexe

    1. L’expatriation est bien, bien plus dure que ce qu’on veut laisser croire. Plus de travail, plus de famille, plus d’amis, plus de repères, plus d’habitudes… Bon courage Chiara ! Vous allez être surprise dans quelques temps par tout ce que vous allez faire alors que vous pensiez ne jamais y arriver !

      1. j ai pu parcourir d autres posts, cela fait du bien de se sentir comprise , particulierement lorsqu on se plaint d etre triste et de s entendre repondre « tu te rends compte de la richesse de ce que tu vis? »

    2. Bonsoir où êtes vous aux USA ? Nous sommes arrivés dans l’Arizona il y a 1mois et demi avec 5 enfants . Tout se passe bien pour le moment .nous avons la chance de faire parti de la deuxième vague avec des conseils précieux de la part des anciens . N hésitez pas si besoin de renseignements

  8. En Colombie depuis 4 ans :
    – maman depuis 7 mois on apprend une autre cue dans une autre culture ét on construit une famille 🙂
    Sujet peu abordé, merci d en parler !

  9. Coucou et genial ton article, on nous donne souvent l’impression qu’on fait rien de nos journees mais c’est vraiment tout le contraire et trouver un travail c’est pas toujours facile et ca depend de l’endroit ou on se retrouve. Au Rhode Island ou le chomage est tres eleve c’est mission impossible. Merci pour cet article

  10. Merci pour cet article sympathique qui met en garde contre les déplaisirs de l’expatriation…Je suis expatriée depuis plus de quinze ans et toujours dans un pays d’Afrique, d’abord en famille, puis seule en tant que fonctionnaire expatriée…Il est vrai que ce n’est pas facile mais il faut aussi dire que nous rencontrons des gens formidables, que vous gagnez une véritable solidarité que vous ne retrouvez plus dans votre pays d’origine. Vous apprenez à rencontrer les autres, à vous faire de solides amitiés internationales …Pour vous, vos enfants, c’est une véritable richesse !
    Bonne idée ce blog !

  11. Ahahaah ! Très bon article, plein d’humour et de dérision sur un quotidien que l’on sent bien vécu !!! Je partage sur ma page, mes lectrices se reconnaîtreront !
    Bravo belle écriture ‘bavarde’ 😉

  12. Merci pour ton article ! Je viens juste d’arriver à Rome pour suivre mon mari avec notre fille de 4 ans. C’est encore l’Europe, je ne change pas de fuseau horaire, ce sont nos racines latines, c’est la dolce vita, on mange si bien !… Mais quitter son job, comprendre que nous sommes des dizaines et des dizaines à Rome dans la même situation : chercher un vrai poste (tout le monde pense que l’on m’attend les bras ouverts en ambassade !), découvrir le sentiment d’isolement, gérer les déprimés de la puce qui n’a toujours pas d’amis alors qu’elle est très décidée et l’entendre le soir dire « je veux pas aller à l’école, je me sens pas bien… » alors qu’elle adore l’école, devenir une fée du logi digne des années 50, faire avec les remarques bienveillantes de la famille : tu devrais sortir pour te faire des amis (non, sans blague ?), et avoir l’impression que les proches ne retiennent que la belle vie ! Pas facile… Ça fait juste un mois et ton article me fait du bien.

    1. Tu viens de résumer exactement ce que vivent de très très nombreuses femmes qui suivent leur conjoint en expatriation, quel que soit le pays d’ailleurs ! C’est en fait bien plus dur que prévu mais, si ça peut te rassurer, les choses s’aplanissent avec le temps. Ta puce va s’habituer à sa nouvelle école et à la nouvelle langue, bien plus rapidement que tu ne l’imagines, tu verras 😉 Bon courage en tout cas pour les débuts ! Et merci pour ton message qui me permet de voir ce que les gens ressentent en expatriation. A bientôt peut être sur le blog 🙂

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