L’histoire (passionnante) du Texas (promis) !

Lundi matin, lundi malin ! Si, si, vous allez voir.

On se détend, on s’installe sous un plaid douillet sur le canapé, au doux son des bûches qui crépitent dans la cheminée, le chat sur les genoux qui ronronne… Quoi, c’est pas comme ça vos lundis matins à vous ?!

Bon, vous voyez le genre quand même ? Non mais parce que là j’ai besoin de toute votre attention. Les amis, aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler… d’histoire. Eh ! Reviens gamin !

Vous allez me dire que ça vous intéresse que moyen. Je vais vous répondre que c’est la suite logique de ma grande quête pour vous faire découvrir le Texas (épisode 1 : clic)  Alors vous allez me dire que vraiment ça vous intéresse moyen. Je vais vous répondre que oui bon bah hein.

Les choses étant dites, faites moi confiance, je vais essayer de rendre ça fun (smiley enthousiaste ^^). Ou bien allez lire directement la conclusion de cet article, qui résumera le pourquoi du comment du truc.

Allons-y : voici, mesdames et messieurs, l’histoire du Texas ! Et mon intro ne fait que 15 lignes, je m’améliore.

 

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Déjà, moi perso y’a un truc qui m’horripile le poil, c’est quand j’entends les gens dire que les États-Unis n’ont pas d’histoire. Si j’en crois mon ami Wiki, on trouve des traces de présence humaine depuis 11 200 ans au Texas. Et alors quoi, ils ont pas une histoire tous ces gens ?! Ils ont fait que du tricot pendant tout ce temps ?! Non, non, non mes amis, les États-Unis n’ont pas une histoire telle qu’on la connaît en Europe (puisqu’on différencie la préhistoire de l’histoire avec l’apparition de l’écriture), mais avant l’arrivée des colons, il y avait de très nombreux peuples amérindiens qui vivaient ici, chassant, pêchant, cueillant et se battant (et contrairement à l’idée reçue, les chevaux ont été introduits très tard aux US puisqu’ils ont été amenés par les colons et que ces chevaux, dont certains sont retournés à l’état sauvage – on les appelle alors des mustangs – ont été attrapés par les indiens. Et là je me demande bien comment les Amérindiens pouvaient chasser le bison avant l’arrivée des chevaux… Mais ceci est une autre histoire).

Pour vous la faire simple, le Texas a été colonisé par des espagnols et des français à partir du 17ème siècle. Les rapports ont été plutôt cools avec les Amérindiens au départ (d’ailleurs, le nom Texas vient du mot tejas, qui signifie « allié » ou « ami »), et puis après ça s’est vachement moins bien passé. Bon, on va pas leur en vouloir, aux Amérindiens, d’avoir voulu défendre leur territoire ! Ce sont finalement les espagnols qui gagnèrent ce territoire qui fut intégré à la Nouvelle-Espagne, et qui incluait, entre autre, tout le Mexique et presque toute l’Amérique Centrale. Mais ça chauffait sec au Mexique qui a obtenu son indépendance en 1821, et qui a annexé le Texas par la même occasion, les petits malins.

 

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(Photo de chariots prise dans le Hill Country)

 

Pendant ce temps, le Texas avait du mal à se peupler et des colons anglo-saxons furent autorisés à venir s’installer. Ils ont rapidement été assez nombreux, plus nombreux que les Mexicains même (30 000 vers 1834 contre seulement 7 800 Mexicains).

N’oublions pas que les États-Unis étaient indépendants depuis 1776. Le Texas a donc voulu suivre le même chemin vis à vis du Mexique, et c’est là qu’intervient mon ami Davy Crockett !

Figurez-vous qu’à San Antonio, un de mes plus grands principes d’enfance s’est effondré (comme quand j’ai découvert à 18 ans que l’Antartique c’est le Pôle Sud et l’Arctique le Pôle Nord, et non l’inverse…) : non, Davy Crockett, ce n’est pas que le trappeur qui devait attraper Oeil Noir dans la merveilleuse série éponyme (avec son générique inoubliable « Davy, DDDDDDDDaaaaavy Crockett, l’homme qui n’a jamais peur »). Davy Crockett a bel et bien existé !

 

Crockett

 

Mais quel lien avec San Antonio, me direz-vous ? Et bien tenez-vous bien, non seulement Davy Crockett a existé, mais il est venu de son lointain Tennessee pour venir se battre… pour l’indépendance du Texas ! Quel homme fantastique ! A l’époque, les Américains et les Mexicains se battaient donc, comme expliqué plus haut, pour conserver cet état dans leurs girons respectifs, et une bataille déterminante a eu lieu à San Antonio en 1836, lors du siège du Fort Alamo, où les Mexicains ont vaincu les Américains (dont Davy Crockett, qui est mort dans le fort – soupir-). Les Américains, piqués au vif, ont ensuite livré quelques semaines plus tard une dernière bataille, menée par Sam Houston (d’où le nom de la ville). Ils ont exterminé les Mexicains et capturé le président, qui a été obligé de signer l’indépendance du Texas. Et voilà !

Petite parenthèse à paillettes :  au fort Alamo, j’ai  pu répondre à une des grandes préoccupations de ma jeunesse : mais pourquoi Davy Crockett porte t-il un bonnet en fourrure de je-sais-pas-quoi ? Et bien tout simplement parce que c’est vêtu ainsi que sa fille, qui a ensuite écrit ses mémoires, l’a vu pour la dernière fois avant son départ du Tennessee, pour aller livrer sa dernière bataille. Émouvant, non ?

 

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 (Photo prise dans le Fort Alamo, à San Antonio)

 

Le Texas est maintenant indépendant, mais ne nous reposons pas trop vite sur nos lauriers.  Le Mexique est proche, et plutôt pas très content. Le Texas rejoint donc les États-Unis en 1845 afin, en partie, de se protéger.

Pendant ce temps, que se passait-il aux États-Unis ? On exploitait des esclaves. Moche. Y’en a à qui ça plaît (le Texas en fait partie), y’en a qui ont la jugeote de se dire que ça craint (les États du Nord par exemple, qui avaient aboli l’esclavage entre 1777 et 1804).

7 États du Sud décident de faire sécession en 1861, c’est-à-dire qu’ils créent une confédération d’états indépendants des US, autoproclamés. Ce sont les États confédérés du Sud qui s’opposent à l’Union du Nord. Ce fut une réaction politique à une volonté de réforme de l’esclavage par Abraham Lincoln, fraîchement élu président. Le Texas capitule en 1865 et réintègre les États-Unis en 1870. Comme dans le reste du Sud, la période de la Reconstruction est marquée par la ségrégation raciale et les violences contre les Noirs, ainsi que par une profonde crise agricole (ok, je viens de copier cette dernière phrase de mon ami Wiki).

 

Pour ceux qui parlent anglais, je me permets de vous copier un petit extrait de la déclaration de sécession du Texas (1861). Je n’ai pas la capacité de vous le traduire, mais si vous pouvez, lisez-le, c’est… sans mots : We hold as undeniable truths that the governments of the various States, and of the confederacy itself, were established exclusively by the white race, for themselves and their posterity; that the African race had no agency in their establishment; that they were rightfully held and regarded as an inferior and dependent race, and in that condition only could their existence in this country be rendered beneficial or tolerable.

That in this free government all white men are and of right ought to be entitled to equal civil and political rights; that the servitude of the African race, as existing in these States, is mutually beneficial to both bond and free, and is abundantly authorized and justified by the experience of mankind, and the revealed will of the Almighty Creator, as recognized by all Christian nations; while the destruction of the existing relations between the two races, as advocated by our sectional enemies, would bring inevitable calamities upon both and desolation upon the fifteen slave-holding States.

By the secession of six of the slave-holding States, and the certainty that others will speedily do likewise, Texas has no alternative but to remain in an isolated connection with the North, or unite her destinies with the South.

 

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Abraham Lincoln, mon héros (sorry Davy)

Je connais moins l’histoire récente mais il y a deux faits majeurs qu’il faut connaître : la destruction de Galveston (le port à 1h de Houston) par le pire cyclone de l’histoire des États-Unis en 1900 et la découverte du 1er puits de pétrole en 1901. Le Texas a alors connu un énorme boom économique et la ville de Houston s’est développée de manière exponentielle (aux dépens de Galveston), devenant une ville de référence dans de nombreux domaines, notamment l’énergie et l’aérospatial.

 

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Bon et alors, pourquoi est-ce que je vous ai raconté tout ça aujourd’hui ? Et bien parce que je suis convaincue que l’histoire est la base de la compréhension d’un pays. Quand on y pense, l’esclavage a été aboli il y a seulement 150 ans, à l’époque où sont nés mes arrières-arrières grands parents. Mais la ségrégation a perduré, puisque par exemple, en 1901, une loi est passée obligeant à payer une taxe pour pouvoir voter, mettant donc sur le côté la majorité des noirs et des latinos. 1901, l’année de naissance de mon arrière grand-père…

D’autre part, on critique souvent le rapport aux armes ici. Je suis la première à me battre pour que changent les mentalités. Mais n’oublions pas que les premiers Texas Rangers (rien à voir avec Chuck Norris, je parle de la première « police ») ont été recrutés en 1823. Ils étaient au début 10 pour protéger les nouveaux Colons des Amérindiens et des Mexicains dans un territoire dangereux, en guerre contre le Mexique, et plus grand que la France. Ça fait pas lourd niveau protection quand 3 peuples se battent pour leurs survies. Et voilà pourquoi la Loi a autorisé le port d’armes…

 

Malheureusement, au regard de cette histoire récente et violente, on retrouve souvent ici cet héritage culturel qui peine à évoluer. Et je dois bien l’avouer, c’est ce que je déteste le plus dans le Sud des États-Unis. A l’heure où la police et les lois protègent la population et où on a compris que les hommes et les femmes sont tous libres et égaux en droit, il serait temps de voir les mentalités évoluer. Le racisme n’a plus sa place, les armes non plus. L’histoire est derrière nous, mais visiblement tout le monde ne l’a pas compris… Heureusement, tout doucement, très doucement, le temps fait son affaire et on progresse…

 

 

Si vous voulez vous imprégner un peu plus de cette passionnante histoire texane, je vous conseille fortement la lecture du livre « Le Fils » de Philipp Meyer. C’est une de ces grandes sagas familiales, avec des personnages charismatiques mais sans être clichés, qui te transporte sur 4 générations dans un pays sans cesse en mouvement. La vie dans les ranchs, les guerres entre les Amérindiens, les Mexicains et les Blancs, l’avènement du pétrole, les us et coutumes des différents peuples, les bisons, la conquête de l’Ouest, la guerre de Sécession, tout ce que je vous ai dit aujourd’hui est raconté sous la forme d’un roman très juste, sans trémolos, à travers une histoire inventée qui pourrait être vraie, une vaste fresque de 1850 à nos jours.

 

Coup de foudre chez mon libraire...


Et, pssshhhiiittt, t’as un peu de bave qui coule sur le plaid… Bah oui, tu dormais, je sais bien, tu crois que j’ai pas vu que je t’ai perdu au moment de l’indépendance du Texas ?! Aujourd’hui tu viens d’apprendre à tes dépens un nouveau fait divers sur moi : je suis une passionnée d’histoire ^^. Et deuxième fait divers, je suis très douée pour faire des monologues. Désolée !

 

Allez, pour me faire pardonner, la semaine prochaine je te parle de la vérité vraie sur les cow-boys et les indiens, entre mythe et réalité. Tu vas voir, ça va dépoter ! Bonne semaine à tous !

 

PS : Et pour ceux qui ont raté l’info sur FB, je participe désormais à un blog collaboratif (FemmesdeGenY) et vous pouvez retrouver mon premier texte ici : Lettre ouverte à Internet. J’espère que ça vous plaira !

18 commentaires sur « L’histoire (passionnante) du Texas (promis) ! »

  1. J’ai appris plein de choses et a part sur les pôles où je suis un peu perdue je suis hyper prête pour l’interro écrite. C’est édifiant de lire cette acte qui comme tu le dis n’est pas si vieux que cela. Heureusement les temps changent pas encore assez. Obama fait ce qu’il peut au pouvoir d’un pays contrôlé par des groupes financiers.
    PS : Tu me dois un nouveau ordinateur j’ai craché mon thé à cause de Chuck ! Je sens que je vais chanter Davy Crockett toute la journée…

    1. De rien pour Davy Crockett, si ça peut servir 🙂 Et concernant Chuck, c’est normal, il fait cet effet là à toutes les femmes !

      PS : Ah, et merci pour cette histoire de pôles, je suis rassurée de voir que je suis pas la seule à trouver que c’est compliqué cette histoire de noms qui changent pour un oui ou pour un non…

      PS 2 : allez, un petit dernier pour la route : Davy, DDDDDDDDdddddddddddddaaavvvyy Crockett…

  2. J’ai adoré cet article, ton style d’écriture est très prenant (et rigolo). Heureusement que tu as mis « promis » dans le titre, sinon je ne sais pas si je serai venu lire haha. Le Texas est un état qui m’attire énormément, j’espère pouvoir m’y rendre un jour, d’autant que maintenant grâce à toi je connais son histoire :p. Vivement le prochain article sur les cowboys *bave* haha.

  3. Eh ben tu vois, j’ai pas dormi ! Au contraire, j’ai appris tout plein de choses. Je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait qu’on ne peut bien comprendre un pays que si on s’intéresse à son passé. Je ne te savais pas si douée en histoire ! J’attends la suite (Indiens et cow-boys) avec impatience. C’est rigolo car j’ai visité cet été une communauté améridienne (demain sur mon blog si ça t’intéresse) et revu la semaine dernière Danse avec les loups. Je suis à fond dans ton trip ! Mais bon, je te déteste un peu parce que là, c’est malin, je vais chanter Davy Crockett en boucle pendant toute la journée, pfff ! Je crois qu’avec Stéphanie (et sûrement d’autres !) on va pouvoir monter un club et se présenter à la prochaine session de The Voice. Tu vois où ça peut mener, l’histoire du Texas !

  4. Haaaaaaaaaaa, et ben moi aussi j’adore l’histoire donc je suis partante pour des tas d’autres histoires de Davy Crocket, d’indiens et de tout ce qu’il faut pour comprendre l’histoire du Texas…
    Et pour ce qui est de l’auteur local, j’ai cru presque jusqu’au bout qu’il s’agissait de San Antonio et je m’apprêtais à faire une blague vaseuse de circonstances quand tu as sauvé le truc in extremis à la fin ! 😉 Et hop, une idée de lecture en plus (même si c’est pas sur la Chine pour une fois…).

  5. et bah moi aussi j’ai adoré !!!!! j’aime l’histoire, j’aime les états unis, et j’aime quand on raconte bien !! bref je te donne 20/20. et j’adoooooooore les sagas familiales, il va donc falloir que je me procure ce livre au plus vite !!!! mon mari quand à lui, est un fan absolu des indiens d’Amériques…. d’ailleurs on se demande ce qu’on fait encore en France !!!

    1. Bah oui, faut vite déménager par ici !!! Quoique niveau indiens, y’a plus grand monde maintenant… Allez hop, je t’attends ! Et merci pour ton commentaire enthousiaste !

  6. Tu m’as tenue en haleine du debut a la fin!… Bon, je bloque toujours sur Alamo, mais c’est une histoire qui date… J’ai jamais compris qu’on puisse avoir envie de visiter un endroit ou tout le monde s’est fait zigouiller a la fin (je l’ai visite pourtant… la mort dans l’ame), et j’ai jamais ete capable de regarder le film de John Wayne jusqu’au bout tellement je pleurais (trois essais… et pourtant le film a vieilli). Oui, je suis un poil emotive, je sais et on se moque pas!
    Sinon, je decouvre avec toi que le Texas est plein de petrole. J’ai un peu honte mais j’avais une famille plus branchee histoire qu’economie 😉 …

    1. Oh, mais, petite cachotière ! Tu es déjà venue au Texas et tu m’as rien dit ?!

      Pour Alamo, je suis d’accord avec toi, c’est triste, mais je suis une fan depuis toujours de Davy Crockett alors tu peux pas t’imaginer le choc que ça m’a fait quand je l’ai découvert ici ! 😉

      Et pour le pétrole, Houston est une des villes les plus importantes dans le monde dans le milieu pétrolier, et l’immense majorité des expats ici bosse dans ce domaine. Je te rassure, je le savais pas non plus avant d’avoir un mari géophysicien 😉

      1. Si si, je suis venue au Texas quand j’avais une quinzaine d’annees. J’avais bien aime mais il avait trop plu et j’avais eu un peu froid… sans compter cette histoire d’Alamo qui continue de me deprimer 😛
        J’ai souvenir en revanche que j’avais adore les buildings de Houston. J’en avais fait des tas de belles photos 🙂

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