Le bodyjam et moi, ou quand l’expatrié ne pige rien à son cours de danse…

Bon, j’ai une réclamation.

Le mercredi, c’est bodyjam.
Tu connais pas le bodyjam ? C’est facile, c’est un cours de danse sur de la musique de djeuns, avec des mouvements de djeuns, et toi t’as ton corps de déjà vieille. Tu vois le truc ?

Donc, le mercredi, c’est bodyjam.

Faut que tu saches un truc sur moi, cher lecteur. La danse et moi, c’est comme Bernard Minet et Dorothée, comme Justin Bieber et son despacito-qu’on-sait pas-ce-que-ça-veut-dire-ce-mot, ou encore comme Trump et son coiffeur : c’est du solide, c’est de l’inséparable. Si je poussais le bouchon un peu trop loin, je dirais que sans la danse, pour moi, c’est comme si Roméo n’aimait plus… Virginie (désolée lecteur de moins de 30 ans, tu n’as pas compris la blague, t’étais pas encore là à la grande époque !) Je pense avoir écumé tous les bals musette du fin fond des Alpes pendant ma belle jeunesse, et même encore aujourd’hui j’ai du mal à ne pas finir la dernière sur une piste de danse.

Bref, aujourd’hui, c’était donc bodyjam.

Après 2 mois en France, sans sport, et avec 4 kilos en plus. Tu vois la reprise ?

Alors moi je veux bien avoir galéré comme une dingue, ça sera ma punition pour les repas en trop. Ça, ok, c’est réglé, c’est assumé. Mais je pense qu’il y a quand même un sujet qu’il faut que j’amène sur le tapis, parce que là, ça va plus.

 

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En bodyjam, aux US, on turn left, on turn right. On touch ses knees, on look back, on jump. Là, ça va. Enfin, au début du cours. Parce qu’au bout de 10 minutes, je suis déjà toute embrouillée quand il faut toucher ses shoulders alors que je touche mes hips, et que je suis obligée de traduire mot à mot l’air de rien dans ma tête ce que dit la prof. Du coup j’ai toujours un temps de retard sur les autres, parce que je suis en pleine conversation interne avec moi même (p’tain, mais tu le sais que left c’est gauche, bon sang, tu l’as appris en 6ème B!!!).

Mais alors, au bout d’un moment, quand je commence à déjà plus rien comprendre parce que j’essaie de respirer, de sauter et de traduire en même temps, la prof nous met des PIEGES. J’vous jure. Le premier, c’est shuffle. C’est un peu comme quand tu fais le robot sur le côté, très vite. Tu vois pas ? Ouais, c’est pas facile à expliquer, shuffle. Le deuxième, c’est roll it up. Là, c’est plus simple, tu te déroules le dos vers le haut (y’a aussi la version roll it down). Le troisième piège, c’est step touch. Là je sais pas expliquer non plus. Tu bouges tes pieds d’une certaine façon, en gros. Y’a d’autres pièges encore, hein, mais je vous les épargne, vous avez compris le principe : des mots inconnus qu’on a aucune idée de ce que c’est.

Donc, le mercredi, c’est bodyjam, et dans ma tête, en même temps que je galère avec mes kilos en trop, il se passe à peu près ça :

Alors attends, touch your hips, ok, maintenant shuffle, attends, c’est quoi déjà shuffle ?! Ah, jump, ça je m’en souviens, turn left, left c’est gauche ou droite déjà ?! Roll it down, merde, je suis à l’envers, step touch, p’tain, c’est quoi déjà step touch ???!!! Oh mais oh, qu’est-ce qu’ils font en plus là ?! Ils chantent ! Comment ça, les américains ils connaissent les paroles des chansons en anglais, et sans accent en plus, les bougres ! Twist. Comment ça twist ?! C’est quoi ce mot nouveau encore ???!!! Help, tiens !

Donc c’est là que j’en viens à ma réclamation. J’ai l’impression que c’est un peu trop facile pour tout le monde, sauf pour moi, avec ma seconde de retard de française expatriée.

Je vous propose donc que dorénavant, le mercredi, on fasse Bodyjam avec une prof russe. Sur de la musique de djeuns hip-hop coréenne. Et qu’on se parle en suédois. Comme ça on met tout le monde d’accord, sur un pied d’égalité. Pas de jaloux. Tout le monde galère.

Je tiens un nouveau concept, là, je crois.

Y’a des partants ?! Que ceux qui adhèrent jump le plus loin !

Love ❤️

Sophie, nouvelle présidente de l’ARLDEB (Association Rythmique et Linguistique des Droits des Expatriés Bafoués).

 

 

12 commentaires sur « Le bodyjam et moi, ou quand l’expatrié ne pige rien à son cours de danse… »

  1. Houhouhou youpidoo t’es de retour ! Quant au bodyjam, morte de rire, mais quelle idée de s’inscrire à un truc pareil avec de la musique de djeuns que rien que le mot j’ai les oreilles qui saignent ! Surtout que de ce que je lis ça fait surtout un beau brainjam tout ça, très dangereux le brainjam à nos âges. Moi je recommande le pilates, l’ami douceur et raffermissement des corps vieux (en revanche pour les mots bizarres ça va pas trop t’aider, eux aussi ils ont leur stock de vocabulaire chelou. Mais déjà t’es pas perturbée par la musique ;-)).
    Aller, à bientôt Miss Texas ! Yiha !

    1. Le problème avec le Pilates, c’est que ce n’est pas assez actif pour la pile que je suis ! Et puis j’aime bien la musique de djeuns, en fait 😉 Et puis oui, I’m back !

  2. Ahahah c’est tellement vrai! Ici j’ai commencé le kickboxing et je me suis dit que la prof ne devait pas parler anglais… Je ne comprenais rien!! Jack cross hook jumping jack sit up et zouuuu je suis perdue! Du coup on y va à deux (et on est aussi mauvaise l’une que l’autre à reconnaitre notre droite de notre gauche 😉 ), on rigole bien quand aucune de nous 2 ne comprend!

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