L’envers du chaos…

D’ abord, il y a l’annonce, la préparation et l’attente. Puis, le cyclone arrive, et l’inquiétude laisse place à un rouleau compresseur émotionnel. Et après, on comptabilise tant bien que mal les dégâts.

Dans le cas de Harvey, malheureusement, les pluies torrentielles ont tellement rempli les réservoirs que pour éviter que les barrages ne cèdent, la ville de Houston a décidé d’ouvrir les vannes et de nous inonder, délibérément. Cette décision, certainement indispensable, a eu des conséquences désastreuses sur tous les quartiers environnant le Bayou, notre rivière locale à nous (et aux crocos). Nous pouvons donc dire qu’après avoir compté les dégâts de Harvey, nous avons dû attendre de nouveau dans l’angoisse que l’eau cesse de monter de toutes parts, avant de comptabiliser une nouvelle fois les dégâts.

Pour vous décrire les jours suivant le lâcher de l’eau, je ne vois pas d’autres mots que chaos. Au delà des magasins fermés et de la pénurie en essence, nous avons tous eu à reprendre notre quotidien dans une ville littéralement coupée en deux. Les ponts du Bayou, impraticables, ont obligé tous les automobilistes à emprunter des détours de plusieurs heures pour rejoindre l’école ou le travail. Ces deux semaines ont été éprouvantes pour tout le monde, autant physiquement que moralement.

Pour moi, comme pour beaucoup de Houstoniens, Harvey est désormais derrière nous. Nous pouvons regarder vers l’avenir, tout en gardant en tête que nous sommes bien peu de choses quand la Nature nous montre sa toute-puissance. En revanche, pour de trop nombreuses familles, le chaos continue, malheureusement. De nombreux amis sont en train d’en payer les frais, et quels frais… C’est effarant.

 

architecture-2608323_640

 

Il y a une chose que je ne savais pas, c’est qu’une maison inondée est une maison… achevée. Les murs doivent être découpés, les carrelages et parquets arrachés, les meubles et l’électroménager sont tous à jeter. La moisissure s’insère partout, avalant les sièges des voitures, les recoins les plus sombres, les jouets préférés, les souvenirs de toute une vie. Et ce que je ne savais pas non plus, c’est qu’une maison achevée devient tellement immatérielle qu’elle s’éventre dans les rues, essayant de rattraper comme elle peut ce qui n’est déjà plus rattrapable.

En conduisant dans ma ville, comme tous les matins quand je vais au travail, je ne vois plus ces petites routes un peu bancales où on se sent libres comme l’air. Je ne vois plus ce bayou calme et plat, et je n’envie plus ces riches maisons vivant à ses côtés. Ce que je vois est indescriptible, et ça me brise le cœur.

Je suis de tout cœur avec ces gens, parfois mes amis, qui sont en train de détruire la mort dans l’âme leur maison. Je les trouve courageux, même si je sais bien qu’ils n’ont pas vraiment le choix. Que ça doit être difficile… La ville se relèvera, et j’espère que les familles inondées le pourront également. En attendant, c’est le chaos, dans nos rues, dans notre ville, dans leurs maisons.

Je ne sais pas quoi faire de plus, alors j’écris, pour que chacun puisse se rendre compte que le passage d’un cyclone, que ce soit ici ou au bout du monde, affecte tant de gens de manière irréversible. C’est peu face à ce qu’ils vivent, mais on se sent bien démunis pour aider. La blessure est personnelle, et nous ne pouvons constater que bras ballants à quel point nos choix de vie évoluent dans un équilibre bien souvent trop précaire…

Que dire de plus désormais que  » The show must go on » ?…

Love ❤️

Sophie

 

PS : Je ne peux pas publier la vidéo du désastre sur mon blog (je n’ai pas le plan Premium…), mais vous pouvez toujours aller la visionner sur mon compte FB.  Vous allez voir, c’est édifiant…

12 commentaires sur « L’envers du chaos… »

  1. J’ai beaucoup pensé à toi et à tous les malheureux qui ont perdu leur maison, voire leur vie avec Harvey ou Irma. Et aujourd’hui, c’est le Mexique qui est en larmes et sous le choc. Très mauvaise passe pour beaucoup. Dans votre malheur, vous avez eu la chance de ne pas perdre votre maison, mais j’imagine bien que psychologiquement, ce doit être très difficile. J’espère que l’entraide dont tu as parlé continuera et que tout le monde se remettra le plus vite possible. Courage, love ❤ ma Sophie !

  2. Tout perdre dans de telles circonstances ça doit être un vrai choc Sophie. Y assister aussi. Malheureusement nous pouvons peu de choses. En parler c’est déjà mettre les mots sur les maux, ça aide.
    Je t’embrasse.

  3. C’est sans fin ,les cyclones qui s’enchaînent et maintenant tremblement au Mexique. ..la nature se réveille. ..heureusement que vous n,avez pas eu trop de dégâts. Bisous à vous quatre

  4. J’ai lu tous tes billets sur Harvey, sans trouver des mots assez forts pour pouvoir te laisser un commentaire. Je suis de tout coeur avec vous, et avec ceux, surtout, qui doivent tout reconstruire. Beaucoup de courage a eux et a vous. Des pensees.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s