Le poids des mots

S’il y a bien un lieu où on se rend compte du poids que portent les femmes sur leurs épaules, c’est bien à l’école, à travers la bouche de leurs enfants.

Il y a quelques semaines, un de mes élèves n’avait pas de gourde d’eau. Comme c’est plus pratique pour moi qu’ils en aient une, je me suis entendue lui dire : « Ce n’est pas grave, demande à maman ce soir si elle peut t’en mettre une dans ton cartable pour demain ». Mon élève, satisfait, est reparti vaquer à ses occupations, et moi j’ai bloqué.

Pourquoi « maman » ? Pourquoi pas « papa » ? Ou « tes parents » ? Ça m’est sorti tout seul, comme une habitude, comme une évidence. Incroyable.


Depuis ce jour, j’ai prêté attention aux propos de mes élèves à ce sujet là.

Comment ça je ne connais pas mes tables de multiplication ?! Mais non, c’est maman qui a oublié de me les faire réciter !

Comment ça j’ai oublié mon snack ? Mais non, c’est maman qui ne l’a pas mis dans mon cartable !

Comment ça je suis arrivé en retard ce matin ?! Mais non, c’est maman qui ne m’a pas préparé assez vite !

Ces trois exemples sont véridiques et datent de ces deux dernières semaines. Maman. Maman. Maman. Pour le snack mal préparé, pour les papiers administratifs en retard, pour les chaussures à lacets qui se défont tout le temps, pour le pantalon trop court, pour la veste tâchée, pour les cheveux mal attachés, pour le pansement qui se décolle, pour à peu près tout, finalement.

En écoutant les enfants, on se rend compte de ce qui se passe dans notre société. On voit comme de simples paroles alourdissent un peu plus ce poids immense que portent les femmes. Il est de notre devoir de réfléchir à ce que nous disons pour que chacun puisse enfin se retrouver un jour sur un pied d’égalité, et pour qu’enfin, dans la bouche de nos enfants, les petits tracas quotidiens soient du ressort de papa OU de maman.

Love ❤️

Sophie

PS : allez, pour contrebalancer tout ça, je ne résiste pas à une anecdote de ce matin Nous parlions avec mes élèves de ce qu’est un internat, à savoir une école où on peut dormir, manger et se laver. Un de mes petits bouts de chou de 6 ans s’écrie alors : « Mais, c’est sans sa maman ?! » Devant ma réponse affirmative, il a pris sa bouille la plus épatée du monde : « Et ben moi, sans ma maman, alors ça, jamais je pourrais ! » Comme quoi, il y en a qui sont quand même reconnaissants

15 commentaires sur « Le poids des mots »

  1. Mon neveu de 19 ans aujourd’hui a été élevé exclusivement par son papa. lorsqu’il était petit, qu’il pleurait il réclamait son pôpa. Il berçait, nourrissait et promenait les poupées de sa soeur tout comme son père le faisait avec lui. Ce petit exemple montre que les stéréotypes évoluent, lentement mais ils évoluent et certains papas deviennent parfois de super papas.
    Sinon félicitations pour ton blog. J’en dévore tous les articles et surtout ceux qui se rapportent à l’hIstoire.

  2.  » Maman, peux tu signer mon devoir ? Maman, j’ai faim, soif mal, besoin d’un câlin… Maman, est-ce que je peux aller chez mon ami ? Et ainsi de suite.
    Papa, où est maman ? Pourquoi ? J’ai besoin de lui demander quelque chose.  »
    La mère reste la figure de référence dans nos société. Le père est le référent pour certains domaines: aider aux devoirs scientifiques même s’il n’aime pas, le bricolage, la voiture, l’informatique et l’argent parfois.
    Inconsciemment nous nous partageons les stéréotypes dans lesquels nous avons grandis.

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