18 mois sans acheter (ou presque !) de vêtements

C’est venu insidieusement, cette envie de ne plus acheter de vêtements.

En fait, plus précisément, je pense que je peux quand même situer le point zéro à un reportage vu par hasard sur le web. On y voyait 3 jeunes blogueurs de mode londoniens partir au Vietnam pour voir comment sont véritablement confectionnés les vêtements qu’ils recommandent. Les 2 premiers jours, ils sont allés visiter les ateliers et ont discuté avec les gens. C’était gentil, et on voyait que ça les faisait un peu réfléchir. Mais le troisième jour, ils ont fait une journée de travail derrière une machine à coudre. Et tu les vois pleurer. Pour de vrai. De vraies larmes de fatigue, de douleur au dos et aux mains, mais aussi de vraies larmes pour les gens qui les entourent dans cet atelier du bout du monde.

Ce reportage m’a écœuré, mais j’ai continué un temps à fermer les yeux et à acheter des vêtements « made in exploitation humaine ». Je n’ai pas vraiment d’explications pour ça. Pas concernée ? Trop loin ? Trop de « besoins » ?

Et puis un jour, ça devait être au début de l’hiver 2015, j’ai reposé un vêtement que je venais de mettre dans mon chariot, dans un magasin. Le vêtement me plaisait, il m’allait, mais je n’ai pas pu. Trop concernée ? Pas assez loin ? Plus de « besoins » ? Et de ce jour, je n’ai plus acheté de vêtements pendant 18 mois, ni du neuf, ni de l’occasion. Enfin, pour être tout à fait honnête, j’ai acheté un pantalon de rando, des sous-vêtements, et un t-shirt Totoro 😉

 

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Pourquoi avoir tenu bon pendant aussi longtemps ? Je n’ai suivi ni groupe, ni courant de pensée, et ça n’a rien à voir avec un quelconque défi personnel.  J’ai simplement écouté ma petite voix intérieure qui me disait, et me dit encore, que ce n’est pas « juste ». L’avenir me fait peur et cette petite voix me dit que ce schéma de consommation ne doit plus passer par moi. J’ai donc arrêté l’achat de vêtements, mais ça n’a été finalement que le début d’une réflexion beaucoup plus large sur la consommation de manière générale.

En 18 mois, après un bon tri dans mes placards, j’ai redécouvert des vêtements insoupçonnés, j’ai osé des assemblages de couleur et surtout j’ai ciblé mes réels besoins. Quand j’ai été prête à acheter de nouveau des vêtements sans retomber dans la surconsommation, je me suis tournée vers le commerce éthique, certes plus cher mais avec l’assurance que mon impact est limité, et bien sûr vers les magasins d’occasion. Mes achats restent depuis relativement rares et je n’achète que ce dont j’ai besoin, principalement du 2nd main. Il en va de même pour mes enfants, à l’exception des chaussures car j’ai vraiment du mal dans ce cas-là avec l’occasion.

Alors, pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça finalement ? Parce que, pour reprendre une formule chère à mon beau-père, je crois que j’ai enfin compris qu’ « on est riche des besoins qu’on n’a pas« . Nous n’avons pas besoin, au sens premier du terme, d’armoires remplies de vêtements. Nous en avons besoin d’un minimum, ne serait-ce que parce que je ne crois pas que ça soit autorisé de se balader tout nu 😉  ! Mais, avec le recul de ces 18 mois, j’ai envie de dire que moins on s’équipe, et plus on se libère. Je ne perds plus de temps dans les magasins, je ne me pose plus 50 questions devant ma penderie, et j’y trouve une vraie tranquillité d’esprit.

 

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Bien sûr, je sais que le shopping est un loisir que certains adorent et je ne jugerai jamais quelqu’un pour ça. Je pense qu’avec mon mode de vie je pollue 100 fois plus que les 3/4 des humains de notre planète, alors je me vois mal faire la morale à qui que ce soit. Mais si l’envie vous titille d’avancer vers une consommation plus raisonnable par respect pour notre planète et ses habitants, réfléchir à l’impact des vêtements est un (grand) premier pas. Parce que porter un vêtement fabriqué à la chaîne, à 10 000 kms de là, par des ouvriers payés une misère pour travailler 6 jours/7, 10h par jour, ça devrait être au cœur d’une vraie réflexion. Leurs larmes ne sont peut-être pas les nôtres, mais si nous en sommes la cause, c’est qu’il est peut-être temps de reconsidérer notre mode de consommation.

 

Et vous, qu’en est-il de votre mode de consommation des vêtements ? Minimaliste ? Accro ? Entre les deux ?

Comment gérez-vous l’ambivalence entre le besoin et l’envie de vêtements ? Pensez-vous à l’aspect éthique/écologique quand vous achetez un vêtement ?

 

PS : Pour la petite anecdote, quand j’étais dans cette fameuse période de 18 mois, je suis allée avec une amie le jour de Black Friday dans le plus grand mall du Texas (à lire ici). Niveau écœurement, je crois que ce jour-là j’ai atteint le summum, et ça a fini de me vacciner contre la surconsommation !

A lire également si le sujet de l’écologie vous intéresse : L’écologie aux Etats-Unis : où en est-on vraiment ?

16 commentaires sur « 18 mois sans acheter (ou presque !) de vêtements »

  1. Je suis dans la même optique que toi. J’achète très peu. Que j’achète ou je porte toujours plus ou moins pareil. Je favorise d’acheter dans des petites boutiques et plus dans les grandes chaines. Je fais pareil aussi pour les enfants. Avant d’acheter on regarde ce que l’on a dans son armoire ! je te souhaite une bonne nuit.

  2. J’avoue j’adore les vetements, j’en chnage peu, j’ai mes « basiques ». Mais j’achète d’occasion, je fais moi même et/ou je refais quand un vêtement ne me plait plus. J’avais vu ce même reportage, je le savais aussi mais ça m’a carrément ouvert sur les yeux, j’achète plus cher et je fais plus attention. Mais je fonctionne par période (ça a toujours été), je ne vais rien acheter pendant 1 an et puis je vais craquer en masse pour refaire ma garde robe (usé, tâché, plus à ma taille à mon goût).

    1. C’est super si tu peux refaire ta garde-robe ! J’adorerais le faire, d’autant plus que je sais assez bien coudre, mais je n’ai pas le temps… (c’est ça ou le blog, lol !) Ce reportage était vraiment marquant, moi aussi il m’a ouvert les yeux…

  3. Je pense que vivre à houston t as aussi permis ce  » passage à l acte » de moins de changement de garde robe. Ici pas de jugement sur tes habits, pas besoin d être à la mode. Pas de pression sociale sur la marque que tu portes. Aussi bien pour toi que pour tes enfants. Sans le vouloir je suis dans la même démarche, parce que je n ai plus cette pression ridicule de la saisonnalités des boutiques qu on avait en France. ( j avoir je vais pas souvent au mall non plus!). Le regard des autres à toujours une importance dans nos actes aussi. Bonne journee, et merci d écrire aussi bien notre recenti.

    1. Merci pour ton commentaire Claire ! Ta remarque est très intéressante et je n’y avais pas du tout pensé. Mais tu as raison, ici je ne ressens pas tellement de pression vestimentaire… d’autant plus que je n’aime pas trop ce qu’ils portent ! J’ai rarement suivi la mode en France, mais alors là j’en suis complètement détachée… Bonne journée !

  4. J’aimerais tant acheter éthique malheureusement en Chine c’est clairement pas possible. Mis à part des poubelles « recyclable/non-recyclable », je ne les trouve pas concernés plus que ça ! Une chose est sûre c’est que j’achète beaucoup moins que quand j’étais en France et que H&M était mon passe temps favori. J’achète deux trois pièces quand je remarque que des choses ne me vont plus mais c’est tout.

    1. J’imagine comme ça doit être dur en Chine !!! Ce n’est pas du tout un pays que j’imagine en train de faire des efforts pour préserver la planète… 😦 J’espère qu’ils vont s’y mettre, car sinon on est mal !!!

  5. La majorité du temps, j’achète des vêtements parce que j’en ai besoin (pour des raisons de budget). Depuis que j’ai trouvé très précisément mon style, je ne suis plus tentée d’acheter si ou ça, je ne fais d’ailleurs quasiment plus les magasins. En fait, je n’en fais en gros qu’un seul où je trouve la majorité de ce que je veux. Et puis, faire du shopping … bof … quand il faut passer sa journée dans les boutiques à fouiner, très peu pour moi (deux collègues et amies m’ont dit que j’étais comme les mecs ! :-D) Je tourne sur peu de vêtements (bon, faut pas se louper dans les machines et le repassage sinon on est vite coincé, c’est le seul inconvénient). Alors oui, je suis toujours habillée pareil, mais je déteste avoir trop de choses.Je revends ce que je ne mets plus ou ce qui n’est plus à la bonne taille et est encore en bon état, ou alors j’use jusqu’à la corde. Alors oui, j’achète cher certaines marques (et encore, mon magasin est un magasin de déstockage, donc je paye mes jeans 40% moins cher en moyenne) mais au moins, ça dure (et je m’y retrouve).
    Quand je vois dans ma ville, depuis que Primark a débarqué, comment les gens consomment sous prétexte que ce n’est pas cher … je n’ose même pas imaginer comment est « fait » ce pas cher, sur le dos de qui et de quoi.
    Cela me renvoie souvent à un livre que j’ai lu (et en le recherchant dans mes anales, je m’aperçois qu’il m’a sacrément marquée, car je ne pensais pas que sa lecture remontait à 2013 !) : La Fabrique du monde, de Sophie Van der Linder. Sous ses aspects poétiques, les conditions de cette ouvrière et la fin effarante m’ont fait me poser des questions quant aux reportages dans lesquels on nous montre des conditions de travail correctes …

  6. Oh que je suis en retard pour mes lectures de blog !!! Alors tu vois, je suis exactement sur la même longueur d’ondes que toi. J’achète très peu de vêtements : marre d’être un rouage de l’exploitation des gens, marre d’engraisser les distributeurs, marre des prix pour des étoffes qui ne sont pas de bonne qualité, marre de ne jamais trouver de matières naturelles (sauf le lin en été) mais que des tissus synthétiques. Du coup, j’ai découvert (mais pas encore testé) qu’on pouvait se faire faire des vêtements sur-mesure par des gens qui en ont besoin mais que l’on paie directement sans intermédiaire, et là, j’ai décidé de me remettre à la couture (mais je n’ai pas beaucoup de temps et ma machine est en France, j’en emprunte une quand je peux). J’ai bien l’intention de rapatrier ma machine pour la prochaine expat et de prendre des cours de couture 😉 Mais les sous-vêtements, je continuerai de les acheter parce qu’il faut être une experte pour coudre des choses pareilles et ce n’est pas mon cas ! Des bises, ma Sophie !

    1. Ma Sandra ! Moi aussi je fais de la couture !!! Je vais traverser le détroit de Gibraltar rien pour toi l’année prochaine pour venir coudre des vêtements avec toi !!!

  7. J’aurais bien aimé voir la video, as-tu un lien à partager ?
    C’est vrai que je ne suis plus attirée par les vetements non plus ! Y’en a marre du dressing à craquer, toute facon on fini par toujours mettre la meme chose !

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