Les sushis de l’extrême

Hier, pour fêter une très bonne nouvelle reçue dans la journée, j’ai voulu faire plaisir à ma petite famille et je suis donc partie le cœur léger commander tout un tas de sushis dans le petit resto japonais au bas de ma rue.

Mes adorables petits restaurateurs parlent portugais avec un accent bien exotique, et moi je comprends rien en portugais, et je m’exprime encore moins, autant vous dire que c’était déjà mal parti cette histoire.

Pourtant, j’avais plutôt anticipé le truc : munie de mon menu des plats à emporter, au calme à la maison, j’avais établi la liste de ce que je voulais prendre. Mais en arrivant sur place, en donnant ma liste avec un grand sourire, j’ai eu droit à un premier monologue, un de ceux qui t’annoncent un grand moment de solitude. Après moultes gestes, répétitions et sourires navrés, j’ai fini par comprendre que le numéro 617 de mon menu était en rupture de stock. Diantre, un couac dans mon plan.

J’ai donc commandé un 623, mais comme je sais pas comment on dit 623, j’ai dit six-deux-trois, comme à la maternelle. Et j’ai donné mon tupperware pour limiter les déchets. Et j’ai du insister parce qu’il ne comprenait pas pourquoi je donnais un tupperware. Et moi je sais même pas dire tupperware en portugais. Et je me suis assise pour attendre mes sushis. Et j’avais pas compris que je pouvais partir et revenir trente minutes plus tard. Et j’ai fini par partir, et revenir trente minutes plus tard.

Trente minutes plus tard, donc, mon tupperware était prêt. Je l’ai mis dans mon sac, ainsi qu’un autre plat posé sur le comptoir. Aux grands gestes de mes petits japonais j’ai compris que la commande n’était pas complètement prête alors j’ai reposé le plat. J’ai payé 13,75 euros comme demandé, puis je me suis rendue compte que ce n’était pas le bon prix et j’ai du faire de grands gestes pour leur expliquer leur erreur, et au bout de 5 minutes de palabres j’ai enfin pu payer le surplus. Ma commande semblait prête alors j’ai repris le plat sur le comptoir, mais à nouveau il a fallu que je le repose. Alors je suis allée m’asseoir en attendant, jusqu’à ce que mon petit japonais s’égosille pendant 5 minutes à m’appeler, mais moi j’avais pas compris qu’on s’adressait à moi. J’ai récupéré mon plat sur le comptoir pour la troisième fois, et j’ai fini par comprendre après une lutte acharnée que cette commande que j’essayais tant bien que mal d’extirper n’était pas la mienne. Ah, c’était donc ça tous ces gestes !

J’ai donc récupéré ma vraie commande et au moment où j’allais enfin pouvoir m’échapper, ma petite japonaise m’a posé une ultime question. J’ai pas compris. Elle l’a reposée. J’ai toujours pas compris. Elle a essayé une troisième fois. Toujours pas. Alors mon petit japonais est venu à la rescousse, et j’ai pigé LE mot salvateur dans son long monologue : wasabi. On me demandait donc si je voulais de la sauce soja et du wasabi. C’est parfois bête la vie, hein ?

Commander des sushis en portugais, un métier à plein temps.

5 commentaires sur « Les sushis de l’extrême »

  1. Ahah, non mais j’adore ces histoires d’incompréhension linguistiques, ça me fait toujours penser à celles de ma grand mère qui racontait à qui voulait l’entendre qu’elle avait du mimer la poule en train de pondre pour acheter des oeufs lors d’un séjour en espagne ! ça me donnerait presque envie d’écrire sur le sujet, tiens.
    Merci pour le sourire du matin 🙂

    Aimé par 1 personne

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