Le confinement, vu par une expatriée

Bom dia le blog, ça fait longtemps, n’est-ce pas ?!

Après presque un an d’absence, et dans ce contexte d’enfermement si particulier, je sors de ma grotte pour prendre un petit peu l’air auprès de vous… Belle ironie du sort, n’est-ce pas ? On me l’a demandé, j’ai longtemps essayé de me le représenter, et c’est en ce magnifique dimanche ensoleillé que je me décide enfin à sauter le pas. Je ne sais plus si je sais faire, ça, écrire. Je ne suis pas sûre de trouver les bons mots, de ne pas faire de fautes, ni de faux pas. Je ne sais pas qui me lira, ni même si on me lira. Ce n’est pas grave, puisque j’aurai au moins pu exprimer tout ce qui tourne au fond de moi. Mais tout de même, si vous êtes encore là, c’est un grand plaisir pour moi et du fond du cœur je vous remercie !

Nous sommes tous dans une situation que personne n’avait imaginée, et j’espère que ce confinement se passe au mieux pour vous. Je sais que vous l’entendez de partout, mais je ne peux pas ne pas le dire : restez chez vous ! Quant à moi, je prends mon courage à deux mains, et je me lance ! Après 11 mois et quelques jours d’absence, je suis prête à vous donner des nouvelles d’une expatriée au long cours, qui après 7 ans au Texas vit depuis presque deux ans au cœur de la capitale portugaise, dans la magnifique ville de Lisbonne. Je ne peux plus vous dire d’enfiler vos santiags pour me suivre, alors prenez juste vos bottes de pêche (à la morue), et suivez-moi dans les méandres de ce sentier un peu difficile qui ne fait tout juste que commencer !

En presque 9 ans d’expatriation, j’ai connu toutes sortes d’épreuves que l’éloignement avec la France a encore plus exacerbées. Je m’en souviens comme si c’était hier, inscrites en lettres de sang dans mon cœur.

Il y a d’abord eu Charlie Hebdo. Charlie Hebdo, au Texas, personne n’en avait jamais entendu parlé et, alors que le lendemain nous autres français étions complètement sous le choc, aucun texan ne se doutait du drame qui se jouait au fond de nous. Je me souviens avoir pleuré dans ma voiture, toute seule, en allant à l’école de ma fille. C’était un jour de fête à l’école, et tous riaient tandis que mon âme pleurait.

Puis il y a eu le Bataclan, puis Nice, et c’est au cours de ces épreuves que j’ai compris au fond de moi à quel pays j’appartenais vraiment. Malgré l’éloignement, la France est profondément ancrée en moi. J’ai aimé chaque minute de ma vie aux US, mais j’ai ressenti à ce moment-là cette incompréhension que seul l’éloignement peut expliquer.

Ceci a marché dans les deux sens, malheureusement. Pendant mes années d’expatriation au Texas, nous avons eu l’immense déconvenue de vivre en direct l’élection de Trump, et je peux vous assurer que je ne me suis jamais sentie si solidaire de la moitié des américains qui avaient voté contre lui. Nous avons également pris de plein fouet un autre cyclone, bien réel celui-là. Harvey a meurtri la population du Texas d’une manière que vous ne pouvez pas imaginer. J’ai encore vécu cette incompréhension due à la distance, mais dans l’autre sens cette fois-ci.

Aujourd’hui, je n’habite toujours pas en France, mais cela ne change plus rien. Le confinement que nous sommes en train de vivre n’a plus de frontières et pour la première fois depuis très longtemps nous sommes vraiment tous dans le même bateau. Pas un seul pays ne sera épargné, ce qui peut être nous rapproche plus que ce que nous n’avons jamais été. Je compatis pour tous ceux qui sont enfermés, en Inde ou au Mexique, en Chine ou au Soudan. Si ce n’est pas encore fait, cela viendra à leur tour. Nous regardons tous impuissants ce qui se passe chez les autres, mais pour une fois nous nous comprenons tous. L’ironie du sort veut que nous voyions même chez les autres ce qui nous attend, comme ici au Portugal où nous avons quelques jours de retard sur la France et l’Espagne, mais dont nous suivons le chemin inexorablement.

Je ne sais pas ce qui ressortira de cette période de confinement, l’avenir nous le dira. Mais pour une fois, peut-être la première fois de l’histoire de l’humanité, et la dernière fois je l’espère, les hommes vivent, à l’échelle mondiale, une épreuve tous ensemble. Cela va être un passage difficile et lourd de conséquences, mais quand nous nous retournerons sur ces premiers mois de l’année 2020, je ne peux pas croire qu’il n’en ressortira rien. Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Pour l’instant, il faut rester chez soi, absolument. Mais un jour, qui sait, quand les plaies seront pansées, peut-être réaliserons-nous que pour un instant, quelques mois, une épreuve, les hommes ont réussi à peu près à se comprendre et à s’entendre.

Love ❤

Sophie

12 commentaires sur « Le confinement, vu par une expatriée »

  1. Bon retour MissTex 😉
    Je me suis souvent demandé quand ça arriverait…. au moment de ton départ pour le Portugal nous réfléchissions au retour en Europe. Je vis au Sud de l’Andalousie depuis plus d’une année… on est voisine.
    Je vais aller lire la suite…. 😁

    Aimé par 1 personne

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