This is me

Dans mon salon, il n’y a pas de télévision. Je regarde un film une fois par an, souvent par le plus grand des hasards. Je n’ai jamais eu Netflix. Je ne connais aucune série, et je suis toujours perdue lors des dîners entre amis lorsqu’ils commencent à se faire des recommandations.

Je ne bois pas d’alcool, ni de café, jamais. Un thé blanc le matin, parce que ça me réveille. Je ne fume pas, je n’ai même jamais vraiment essayé.

Je ne connais pas les auteurs actuels ni les sorties littéraires récentes. Je lis surtout les auteurs classiques, et Zola, encore et toujours, parce j’entends la musique de ses livres, le rythme, les émotions, la douceur, la noirceur, et que ce sont ces écrits-là que je veux garder au fond de moi.

J’entends souvent parler de chanteurs, d’acteurs ou de réalisateurs, et la majorité du temps je ne les connais pas. Je ne vais jamais dans des expos, ni au théâtre, encore moins au cinéma. Je n’écoute pas de musique, ni de podcasts, ni la radio. J’aime simplement le silence, celui qui a une profondeur, celui qui se pose doucement sur les épaules pour envelopper nos âmes, celui qui détend.

Je crois que je vis dans un monde un peu à part, pas tout à fait le même, mais pas si différent. Dans mon monde je regarde passer les saisons, je vis à travers l’Histoire, je vais de passions en challenges, et de projets en réalisations. Je lis, j’écris, j’écoute autour de moi. Je vais marcher dans la nature et surfer sur l’océan. Dans mon monde, l’univers extérieur est un peu éteint. Peu de choses franchissent les barrières invisibles que j’ai dressées autour de moi.

J’ai souvent senti des regards obliques dans mon dos, parce que je vis toujours un peu à contre-courant. J’en ai certainement souffert, plus jeune, quand je ne riais jamais en même temps que les autres. J’ai souvent été celle qui ne sait pas faire la fête, celle qui prend toujours un autre chemin, celle qui n’arrive pas à participer aux conversations. Mais au fil du temps, j’ai commencé à accepter cette différence, et j’ai fini par en faire une force pour définir ce qui me correspond vraiment. J’ai appris à dire « Non, je ne connais pas » en enlevant le mot « désolée » qui s’imposait bien trop souvent. Parce que je ne m’excuse plus d’avoir des connaissances différentes, des intérêts à part, des loisirs qui ne me parlent qu’à moi. J’ai aussi appris à attendre quand la conversation dérivait sur un sujet qui ne me concernait pas, et à sourire quand on me proposait un verre que je n’acceptais pas. J’ai appris à être MOI, tout simplement.

Malgré le poids du regard de notre société, chacun est absolument parfait dans sa différence. J’entends souvent parler de l’uniformité de la pensée, mais je suis sûre que si on prenait vraiment le temps d’écouter ce que chacun a à dire, on se rendrait compte que nous vivons tous dans des mondes différents. Certaines personnes n’osent pas le mettre en évidence, de peur du jugement. Pourtant, quoi de plus merveilleux que d’avoir la chance de cultiver sa propre personnalité, dans tout ce qu’elle a de plus unique et de plus beau ? On finit bien souvent par s’imposer une image qui est en décalage complet avec notre moi le plus profond. Détachons-nous des normes, des réponses attendues, des sourires gênés et des conventions. Retrouvons la simplicité d’une satisfaction intérieure sans filtre et sans attente. Vivons à contre-courant, dans le respect de soi-même et de l’autre. Et j’espère, par ce petit message publié un lundi matin, que vos pas vous mèneront sur votre propre chemin cette semaine, celui qui vous est propre et qui vous correspond.

Et vous, racontez-moi, comment cultivez-vous votre différence ?

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DANS LES YEUX D’UN ENFANT…

Le ciel était d’un bleu resplendissant ce jour-là, et les rayons du soleil illuminaient ma maman d’une lumière quasiment magique. En rentrant dans la chambre, je l’avais trouvée tellement belle. C’était toujours elle, telle que je la connaissais, gentille et bienveillante. Elle venait de se réveiller doucement après 3 semaines dans le coma, suite à une hémorragie cérébrale. J’avais à peine 6 ans, et ma maman était en vie, face à moi. Cet instant de retrouvailles fut le premier souvenir de mon enfance.

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11 commentaires sur « This is me »

  1. Coucou Sophie !

    Je me retrouve en partie dans ton article, effectivement tout en douceur. Pour ma part, j’ai toujours cultivé ma différence en m’intéressant à ce qui se passait dans le présent, lequel détermine le futur et le passé d’aujourd’hui, etc. Et l’évolution qui a amené au monde actuel ne m’a donc pas surprise. Vivre avec son temps ne signifie pas pas renier qui l’on est. On est effectivement tous différents à notre manière, bon pas tous, un certain nombre quand même suit le mouvement, histoire d’être dans le coup. Mais, il y a une minorité pensante qui vit avec l’évolution technologique d’aujourd’hui, tout en gardant ses valeurs, en continuant l’introspection, en prenant le temps de la réflexion, en cultivant sa propre personnalité (enfin sur ce dernier point, à l’approche des 50 ans, la personnalité, c’est fait pour ma part :)), etc. Je suis de la génération des années 1970/80, l’on ne peut dire qu’à cette époque on imaginait le monde d’aujourd’hui. On n’imaginait d’ailleurs même pas franchir l’an 2000, pour dire…

    En outre, j’ai toujours été une personne qui voyait le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Je retiens toujours le positif dans le négatif, sauf chez les meurtriers en série, les pédophiles, les violeurs…
    Donc, sans non plus jouer l’autruche, je note le positif de cette évolution, laquelle ne nous aurait pas permise de communiquer aujourd’hui via Internet…

    P.S. : C’est dommage que tu ne t’intéresses pas à Netflix, il y a des documentaires passionnants pleins d’espoir pour un avenir qui semble tellement troublé…
    Sinon (je saute du coq à l’âne), je suis davantage Charles Baudelaire (Les fleurs du mal, mon livre de chevet à mon adolescence, Chateaubriand (Mémoires d’outre-tombe), Guy de Maupassant (Le Horla), c’est peut-être un peu glauque, je te l’accorde, mais ces ouvrages m’ont énormément aidée à forger la force de ma personnalité d’aujourd’hui…

    Sur ce, j’espère que je ne t’ennuie pas trop à chaque fois avec mes commentaires très longs… 🙂

    Bonne soirée,

    Christine

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Christine pour ton commentaire, avec lequel j’adhère encore une fois 🙂
      Concernant Netflix, je sais qu’il y a de très bons reportages, peut-être que je me laisserai tenter pour ces vacances de Noël, quand on sera coincés au Portugal en plein hiver ! Ceci étant, il m’arrive de regarder quelques reportages sur l’Histoire sur Internet, et vu le peu de temps que je pense à passer devant des émissions, ça me suffit amplement !
      J’ai lu Baudelaire et Maupassant (pas Chateaubriand il me semble), mais je leur préfère Hugo et Zola, même si je reconnais que ce sont de grands écrivains 😉 J’aime tout de même quelques auteurs plus récents, notamment Zweig et GGMarquez, que j’adore !
      Bonne fin de semaine ! Sophie

      Aimé par 1 personne

  2. Bonjour Sophie,
    Merci pour ce message tout en douceur. Sachons cultiver cette différence et arrêtons de nous couler dans le moule imposé par la société.
    Au plaisir de te lire,

    Aimé par 2 personnes

  3. Ah, Sophie, comme j ai aimé cet article dont je comprends parfaitement la teneur : cette petite flamme invisible de tous qui fait que nous sommes debout, cette petite flamme qui nous anime, qui brille ou vacille….
    Cette petite flamme qui a tant besoin de silence , d introspection , de réflexion, de méditation pour l entretenir, la maintenir, la soutenir et l aimer afin de s aimer soi-même et d etre bien avec soi. Dans l agitation, on ne prend plus le temps de rien comme dans ce siècle tout bancal où la vitesse est la référence !

    Aimé par 2 personnes

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