Pensées du moment

En ce moment, je pense beaucoup au fait de vieillir. Peut-être que c’est parce que c’est (très!) bientôt mon anniversaire. Je vais avoir 38 ans, et ce chiffre me fait un drôle d’effet. Je ne sais pas si je l’aime ou s’il me fait peur, si je me sens un peu vieille, ou encore un peu jeune. J’ai définitivement quitté le club des 20 ans, celui où la vie parait longue devant soi. J’atteins doucement la fin du club des 30 ans, celui où la vie paraît encore longue, mais un peu moins.

Je racontais hier à une amie qu’en avançant dans l’âge, je me découvre chaque jour de nouveaux petits trucs. Avant, j’avais le vertige pour moi, maintenant je l’ai pour moi ET pour les autres. Avant je pouvais manger mal, travailler trop et dormir peu. Maintenant, mon corps ne suit plus et me réclame de la douceur et du repos. J’ai mal au pied en ce moment, comme une fracture de fatigue. Qui a une fracture de fatigue, dans la plénitude des 20 ans ? Personne. Qui a une fracture de fatigue, au crépuscule des 30 ans ? De nombreuses personnes je pense. Le soir, je tombe de sommeil, et le matin je me lève aux aurores. Je ne suis plus capable de faire des manèges, j’encaisse moins bien le décalage horaire et j’ai de plus en plus souvent froid. Non, vraiment, je crois qu’on peut dire que doucement, mais inexorablement, mon corps vieillit.

Malgré tout, je crois que j’aime bien vieillir. Ce que je perds en souplesse, je le gagne en sagesse. J’apprends à utiliser les mots pour ce qu’ils sont vraiment. Oui veut dire oui, et non veut dire non. Je travaille fortement sur le mot « désolée », qui veut bien souvent s’accorder une place un peu trop importante pour moi.

Les années passant, je me sens aussi plus alignée avec moi même. Chaque jour, je me connais un peu mieux. Je chéris mes forces et console mes faiblesses. J’accepte de plus en plus mon monde, celui où j’évolue librement. Et j’accepte de plus en plus le monde des autres, pour que eux aussi puissent évoluer librement. J’essaie de juger moins et d’aimer plus, pour que du positif ressorte de chaque situation.

Enfin, en vieillissant, je réalise que j’ai une vraie valeur. Avant, je donnais mais je ne savais pas recevoir. Or, ce que j’apporte au monde mérite une reconnaissance. Je vois la vie comme une grande interaction entre les individus, où chacun a sa place, peu importe ce qu’elle est. Et qui dit interaction, dit deux directions. Savoir donner, et savoir recevoir. Ça paraît tellement logique, pourtant…

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça aujourd’hui ? Parce qu’en parlant de moi, je souhaite vous parler de vous même. Si mon discours touche ne serait-ce qu’une seule personne aujourd’hui, alors c’est le plus beau cadeau d’anniversaire que je pouvais me faire. Peut-être qu’en 2021 le blog Miss Texas changera. Je ne souhaite plus partager ma vie d’expatriée, parce que je l’ai fait pendant trop longtemps. Je suis dans une autre dynamique maintenant, plus douce, et peut-être plus sage. Je perdrai peut-être des lecteurs, mais je serai certainement plus alignée avec mes envies profondes.

Le blog Miss Texas doit rejoindre Sophie, et peut-être un jour rejoindra t-il Plume de vies. Suivrez-vous ce changement ? Peut-être, on verra… En tout cas je réfléchis, et l’écrire ici est déjà un premier pas.

Je vous embrasse,

Sophie

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PERDUE AU COEUR DE LA BROUSSE, CHEZ LES PEULS.

« Comment ça, le 4×4 est embourbé ?! »

Je regardai notre chauffeur, qui était visiblement gêné. Je voyais bien qu’il ne savait pas vraiment quoi faire pour nous sortir de cette situation. Il avait bien essayé d’avancer et de reculer le 4×4, ce qui n’avait qu’aggravé l’étau de boue qui enserrait nos roues. Et le constat était là, impitoyable : nous étions en plein cœur de la brousse africaine, très loin de toutes civilisations, avec un 4×4 embourbé, et la nuit allait commencer à tomber. Les sourires d’Olivier et de mes amis commencèrent à s’estomper. Un rapide coup d’œil autour de nous nous confirma que nous étions bien seuls au monde, dans un paysage si beau quelques instants auparavant, et devenu si hostile maintenant.

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8 commentaires sur « Pensées du moment »

  1. Beaucoup de bouleversements pour toi à l’aube de cette quarantaine, il est normal que tu te poses toutes ces questions. Pour avoir fait une crise à la trentaine (oui, ça existe!), trouver son chemin prend du temps. Et c’est mieux ainsi. Car c’est le chemin qui permet de mieux se connaître soi-même.

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  2. Coucou Sophie !
    Sans vouloir de casser le moral (loin de moi cette intention), les petits maux du quotidien de la vieillesse que tu commences à ressentir ne s’arrangeront pas dans le temps 🙂 Tu acquerras encore plus de sagesse et de vieillesse en contrepartie. Or, il ne s’agit pas que de cela. Tu t’approches des 40 ans et ce que tu vis en ce moment est ce que l’on appelle plus communément la crise de la quarantaine. Dans quelques années, tu le réaliseras. Et il n’y a absolument rien de péjoratif en cela. Cette « crise de la quarantaine » commence en général soit vers la fin de la trentaine, soit au début de la quarantaine. Elle est tout autant biologique que psychologique. Elle s’exprime différemment selon les personnes. C’est une période où une sorte de remise en question de soi de manière plus existentielle se pose, consciemment ou inconsciemment. Notre corps change, notre esprit aussi. On veut plus de profondeur, plus de sérénité… Si tu ressens le besoin intrinsèque de ce changement, alors vas-y ma grande, fonce ! Et ceux qui continueront à te suivre (dont moi) seront ceux qui ont franchi ce cap et donc te comprendront…
    Bisous 🙂

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    1. En effet, je pense que je me rapproche de la crise de la quarantaine ! Il faut dire que j’ai fait un gros virage dans ma vie cette année, et que tout en est impacté (notamment le rythme de vie). J’aime bien ce genre de crise dans la vie, je trouve que ça permet de mieux se connaître et d’avancer 🙂 Merci pour ton soutien et à bientôt !

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      1. Entièrement d’accord avec toi ! Pour cause, j’ai exactement fait la même chose à peu près à ton âge. Je comprends donc parfaitement ce que tu traverses. Hé oui ! Il faut apprécier ce genre de « crise », car effectivement, l’on apprend mieux à se connaître, à s’écouter surtout, après avoir passé tant d’années à davantage écouter les autres que soi-même au point de faire abnégation de soi pour les autres. Ce qui ne veut pas dire bien sûr que l’on n’est plus à l’écoute d’autrui, mais plus au détriment de soi. On apprend à composer, à trouver le juste milieu. Bon courage et bonne traversée 🙂 Et normal pour le soutien 🙂 A bientôt !

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