Ma rencontre décisive avec Hervé Le Tellier, prix Goncourt 2020

Pas plus tard qu’hier, une de mes amies me demandait si je continuais l’écriture créative en ce moment. En y réfléchissant bien, il est vrai que j’ai complètement arrêté de créer des histoires fictives, tout mon temps étant dédié aux témoignages de vies et aux biographies. Pourtant, coucher sur le papier toutes les histoires que j’ai en tête est une véritable passion ! J’aime donner vie aux personnages qui se bousculent en moi. J’aime rire et pleurer avec mes écrits. J’aime voir le processus créatif se mettre en place, idée après idée. En revanche, j’ai beaucoup plus de mal à faire lire mes histoires, notamment aux gens que je connais. Je n’ai pas encore mis complètement le doigt sur ce blocage, qui pourtant me pourrit bien la vie dans mon quotidien d’aspirant écrivain. Bref, il y a 1 an et demi, je me suis prise par la main et j’ai tout de même participé à un concours d’écriture, où il se trouve que j’ai été très bien classée. Cela m’a permis de rencontrer Hervé Le Tellier, qui vient tout juste de remporter le prix Goncourt avec son livre L’anomalie, et changer de manière décisive la vision que j’avais de moi en tant qu’auteur.

Lorsque j’ai vu passer l’annonce, il y a deux ans, j’ai tout de suite su que ce concours d’écriture était pour moi. Il fallait écrire une nouvelle humoristique, et le thème était : « Les baisers sont comme les cornichons du bocal. Quand on parvient à obtenir le premier, le reste vient tout seul. » Thème rigolo, n’est-ce pas ? Autant vous dire que j’ai pris un plaisir fou à y réfléchir ! Le problème, c’est que j’ai découvert ce concours très tard, à peine 15 jours avant la date limite, que je venais tout juste d’arriver à Lisbonne et que j’étais en train de camper dans notre appartement tout vide, nos affaires ayant été faire le tour du monde avant de finalement nous retrouver. Je me suis laissée quelques jours pour rassembler mes idées, puis j’ai écrit le texte en 2 soirs. J’ai relu un coup vite fait et zou, je l’ai envoyé quelques heures avant la fin. C’est donc avec beaucoup d’étonnement que j’ai reçu début janvier un message me disant que ma nouvelle avait été sélectionnée !

Ce concours regroupait 80 participants. Comme c’était un concours payant (très peu cher, mais payant quand même), les gens inscrits étaient motivés, et avec un bon niveau en écriture. 12 nouvelles avaient été choisies pour la finale, qui s’est déroulée au mois de mars à Auvers-sur-Oise, près de Paris. J’ai donc posé un jour à l’école et pris l’avion pour un long week-end, sans trop savoir à quoi m’attendre. Tout le long de mon trajet la veille de la cérémonie, puis encore pire le jour même, j’ai failli craquer et faire demi-tour. Je crois que je n’ai jamais senti aussi violemment le fameux syndrome de l’imposteur. Je ne comprenais pas ce que je faisais là, trouvais ma nouvelle complètement nulle, et quelques minutes avant le début de la réunion de présentation, je n’arrivais même plus à avaler ma salive tellement ma gorge était sèche. Il se trouve que mon amie Pascaline, libraire et lectrice de la première heure de ce blog, habitait à ce moment-là juste à côté. C’est donc elle qui m’a emmenée au concours, assisté à la cérémonie avec moi et m’a rassurée. C’est grâce à elle que j’ai réussi à tenir jusqu’au bout sans m’évanouir !

C’est avec soulagement que j’ai découvert que je ne faisais pas partie des trois premiers. Rendez-vous compte, il aurait fallu pour ça que je fasse un discours devant tout le monde, et autant vous dire que c’était hors de question ! C’est donc soulagée que je suis ressortie de la salle, mon syndrome de l’imposteur ayant logiquement gagné. Quelle ne fut donc pas ma surprise quand Hervé Le Tellier, qui était le président du jury, est venu me parler (dans la queue des toilettes, quelle classe ^^) ! Il m’a dit qu’il ne devait pas me le dire, mais que j’étais arrivée 4ème, qu’il était déçu que je ne sois pas sur le podium et qu’il aurait aimé m’aider. Que les places 2, 3 et 4 s’étaient jouées à rien, mais qu’il n’était pas tout seul à prendre les décisions. Je n’aurais jamais dû le savoir, et rester toute ma vie avec la certitude d’une immense erreur m’ayant placée par inadvertance dans la liste des nouvelles sélectionnées. Mais Mr Le Tellier est gentiment venu me prévenir, et ma rencontre avec lui a finalement tout changé.

J’ai compris ce jour-là qu’être écrivain est un métier comme un autre. Que les noms écrits sur les livres sont des personnes comme vous et moi, qui aiment juste écrire un peu plus que les autres. J’ai compris que l’écriture était un monde difficile, mais pas impossible, à condition de beaucoup travailler. J’ai compris que les limites que je traçais autour de moi pouvaient être franchies, et que pour apprendre à écrire, il fallait accepter d’être lue. Si un jour je me représente à un concours d’écriture, je crois que je serai prête à éventuellement le gagner. J’aurai toujours la gorge sèche, mais je pense que, cette fois-ci, j’arriverai à parler. Il suffit parfois juste de s’autoriser.

Mr Le Tellier ne lira jamais cet article de blog, mais j’en profite quand même pour le remercier pour tout ce qu’il m’a apporté. Félicitations à lui pour son Goncourt bien mérité ! Et bien sûr, mention spéciale pour mon amie Pascaline qui ne m’a pas abandonnée en courant ce jour-là !

Et comme il est important que je dépasse ce blocage de faire lire mes fictions créatives, je publierai dans mon prochain article cette fameuse nouvelle qui parle d’amour et de cornichons… Un grand pas pour moi ! Merci à tous ceux qui me liront 🙂

Pour la petite anecdote, le soir même du concours, je suis allée avec Pascaline manger au restaurant. Chaque convive avait un galet peint à sa place, et voici ce que disait le mien…

********

Ma plume vous plaît ? Retrouvez-moi tous les mercredis matin sur le blog Plume de vies pour découvrir un nouveau témoignage ! Et n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez témoigner !

L’ANOREXIE D’ÉMILIE

L’anorexie n’est pas une maladie tout à fait comme les autres. Pendant toute mon hospitalisation, j’ai eu honte d’occuper une place pour rien, alors que tant d’autres enfants en avaient plus besoin que moi. J’ai mis longtemps à comprendre que j’étais vraiment malade, et que j’avais besoin de me faire soigner. L’histoire que je vais vous raconter est la mienne, lorsque j’avais 16 ans et que mon mal-être m’a fait descendre à un tout petit poids, à peine 39 kgs.

Et pour me suivre sur les réseaux sociaux :

Facebook : Plume de vies

Instagram : Plume de vies

4 commentaires sur « Ma rencontre décisive avec Hervé Le Tellier, prix Goncourt 2020 »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s