L’envers du chaos…

D’ abord, il y a l’annonce, la préparation et l’attente. Puis, le cyclone arrive, et l’inquiétude laisse place à un rouleau compresseur émotionnel. Et après, on comptabilise tant bien que mal les dégâts.

Dans le cas de Harvey, malheureusement, les pluies torrentielles ont tellement rempli les réservoirs que pour éviter que les barrages ne cèdent, la ville de Houston a décidé d’ouvrir les vannes et de nous inonder, délibérément. Cette décision, certainement indispensable, a eu des conséquences désastreuses sur tous les quartiers environnant le Bayou, notre rivière locale à nous (et aux crocos). Nous pouvons donc dire qu’après avoir compté les dégâts de Harvey, nous avons dû attendre de nouveau dans l’angoisse que l’eau cesse de monter de toutes parts, avant de comptabiliser une nouvelle fois les dégâts.

Pour vous décrire les jours suivant le lâcher de l’eau, je ne vois pas d’autres mots que chaos. Au delà des magasins fermés et de la pénurie en essence, nous avons tous eu à reprendre notre quotidien dans une ville littéralement coupée en deux. Les ponts du Bayou, impraticables, ont obligé tous les automobilistes à emprunter des détours de plusieurs heures pour rejoindre l’école ou le travail. Ces deux semaines ont été éprouvantes pour tout le monde, autant physiquement que moralement.

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Coup de Calgon en buvant mon thé…

Les amis, faut que je vous raconte mon coup de Calgon que je me suis faite toute seule ce matin en préparant mon thé !

Petit retour en arrière : avec le passage de Harvey et nos deux semaines hors de la maison, c’était un peu la débandade dans mon frigo et mes placards, faut bien l’avouer. Samedi, à court de thé, je suis donc allée faire quelques courses, parce que moi, sans thé, le matin, je vais pas vraiment bien loin.

Arrivée au supermarché, impossible de trouver du thé en vrac et je me suis donc rabattue sur des sachets. Dimanche matin, j’ouvre la boîte et là, stupeur et tremblements, je me retrouve face à 20 petits sachets, chacun emballé individuellement dans un petite pochette en plastique qui, je présume, est là pour conserver le goût, tout en faisant un peu classe. Vous auriez dû me voir toute seule dans ma cuisine, j’ai râlé tout le temps d’installer le petit-déjeuner ! 😠

Alors voilà, la vie moderne, c’est ça ? Pour des raisons commerciales, Homo Pollutionnus emballe des feuilles de thé (produit au bout du monde) dans des petits sachets, eux-mêmes mis dans des pochettes en plastique, le tout dans une boîte ? Sainte déculpabilisation heureusement n’est jamais bien loin, et nous susurre à l’oreille que tout va bien, puisque c’est recyclable et que le thé est bio.

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Harvey : la reconstruction

Voici une semaine que le cyclone Harvey a décidé de faire un petit passage dont on se serait bien passé dans nos vies. Après quelques jours de stress pour tout le monde, c’est l’heure de la reconstruction.

Quand je parle de reconstruction, je pense bien sûr tout d’abord à la reconstruction matérielle. 136 000 structures ont été inondées, beaucoup par plus d’un mètre d’eau. A l’heure actuelle, il est encore très difficile de se déplacer dans la ville, et de nombreuses routes et autoroutes sont fermées. Les magasins s’approvisionnent petit à petit (par contre, ne cherchez pas de lait, du pain de mie, des œufs ou du bacon, les américains sont passés avant ! Visez les poireaux, ça, y’en a ^^). Certaines écoles sont entièrement inondées, et même si la rentrée des écoles publiques a été repoussée au 11 septembre, il va falloir beaucoup de temps pour redispatcher les enfants dans les écoles épargnées. La reprise va être très dure pour tout le monde, et la ville de Houston risque de devenir un bouchon géant dans les prochaines semaines. Mais cela passera avec le temps et la baisse du niveau de l’eau.

En revanche, quand je parle de reconstruction, je pense aussi à une reconstruction qui va prendre beaucoup plus de temps et qui va être beaucoup plus difficile à accepter : la reconstruction psychologique.

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Harvey, Jour 5 : UPDATE

Tout d’abord, un GRAND merci pour tous vos messages de soutien, vous ne pouvez pas savoir comme ça fait du bien ! Ce que nous vivons tous est vraiment pénible, entre l’enfermement qui se prolonge, la peur pour nos maisons et surtout le stress de savoir nos amis évacués les uns après les autres.

La pluie a plus ou moins cessé, et contrairement à ce qu’annoncent certains médias, Harvey n’est pas en train de se reformer. Encore une fois, je vous conseille d’aller voir le site de spacecityweather, qui donne de vraies infos sans le drama Ce qui est plus inquiétant, ce sont les barrages. L’eau est relâchée petit à petit dans les bayous (nos rivières made in Texas – tu sais, le truc marronâtre avec plein de crocos) afin de les désengorger. Ceci inonde inévitablement les quartiers alentours. Pour l’instant, les barrages sont sous contrôle, et la pluie qui s’est arrêtée est une immense chance afin de drainer le plus vite possible.

 

Flood

La rue derrière chez moi ce midi…

Harvey : récit d’ une semaine hors du temps

Lundi dernier, mon mari, surfeur et donc toujours au point sur les prévisions météo, remarque quelque chose d’anormal dans le golfe du Mexique. Il en parle à ses collègues qui en rigolent. Le soir, plutôt inquiet, il me dit qu’un cyclone est peut être en train de se former et qu’il faut faire attention. C’est la première fois que j’entends parler de Harvey.

Mardi soir, je rentre de l’école avec mes enfants. Je suis fatiguée mais, voyant qu’il me reste un quart d’essence, je décide quand même d’aller faire le plein, au cas où. Une collègue nous envoie un message le soir, nous disant de commencer à nous préparer.

Mercredi matin, je vois en effet sur l’autoroute des panneaux lumineux qui indiquent qu’un cyclone se forme dans le golfe et qu’il faut tout de suite aller s’approvisionner en eau, en vivres et en essence. 6 ans à Houston, première fois que je vois cet affichage. Nous avons déjà de grosses réserves d’eau à la maison, mais aussi des lampes, des piles et des vivres. On va faire des courses le soir même, pour le frais.

Jeudi, le cyclone est dans toutes les discussions à l’école. On se demande si on va pouvoir venir travailler le lendemain. Le soir, la décision tombe : l’école sera fermée vendredi et lundi, au moins. Les magasins commencent à saturer et il est très difficile de trouver de l’eau désormais.

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Quand un cyclone arrive sur nous !

Cher cyclone Harvey,

Alors ça, si on me l’avait dit, je ne l’aurais jamais cru ! Figurez-vous, chers lecteurs, qu’un cyclone, c’est hyper susceptible !

Oui, Harvey, que ça te plaise ou non, tu es susceptible, c’est comme ça. Qu’est-ce que ça pouvait bien faire qu’une éclipse te vole la vedette la semaine de la rentrée ?! Est-ce une raison suffisante pour foncer droit sur nous ?!

En plus, j’ai l’air fine, moi, maintenant. Ça fait 5 jours que je me larmoie sur ce blog et sur ma page FB avec mon anniversaire des 6 ans passés à Houston, et ceux qui connaissent Houston me disent tous : « Quoi, 6 ans au Texas et tu n’as jamais vécu de cyclone ?! ». Bah non, et je trouvais ça très bien, d’ailleurs.

Donc voilà. On fait quoi maintenant ? L’essence est remplie au maximum, on a des dizaines de gallons d’eau, de la nourriture, des piles à profusion, des lampes torches pour rivaliser Versailles, et on est même exempté d’aller travailler demain.

Alors quoi ? On fait quoi ? Ah bah ouais, on t’attend.

Ok. Et bien attendons, alors !

Et puis p’t’être bien… prions ?

A demain cyclone Harvey ! Et n’hésite pas à faire retomber un peu la pression !

Sophie

PS : Stay tuned, chers lecteurs, je vous tiendrai au courant de l’évolution de la situation  sur ma page FB !

6 ans au Texas !

Les amis, je suis émue. Le 21 août est un jour un peu spécial pour moi : il y a 6 ans jour pour jour, je disais un dernier au revoir à la France.
Nous sommes partis le 22 août 2011 vivre aux US, mais je ne compte pas ce jour là, où j’étais déjà en mode pilotage automatique (un vol de 10h avec un enfant d’un an, faut le vivre – en faisant un million d’aller-retour dans les allées, à moitié courbé – pour le croire).

Ce 21 août, donc, j’ai appelé une dernière fois toute ma famille et mes amis. J’étais heureuse, j’étais terrifiée, j’étais excitée, j’étais perdue, mais surtout, j’étais épatée. Épatée de me dire que je partais au bout du monde, avec mon mari, ma fille, et quelques valises (et un siège auto, et une poussette, et un sac à langer…). Épatée de me dire que si j’en étais là, c’était grâce à moi. Épatée de me dire que je ne savais pas où j’allais dormir le lendemain soir, ni ce que j’allais manger, ni à quoi allait ressembler la ville. Épatée de partir sans travail, sans maison, sans voiture, sans Social Security Number (ah, celui-là…), sans téléphone. Sans aucune idée de ce à quoi allait ressembler ma nouvelle vie, tout simplement.
Ce jour-là, entre une boule dans la gorge, un nœud dans l’estomac, et sûrement quelques larmes me connaissant, j’ai ressenti une immense fierté de bousculer toutes mes habitudes de vie pour plonger dans le grand bain américain.

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Le bodyjam et moi, ou quand l’expatrié ne pige rien à son cours de danse…

Bon, j’ai une réclamation.

Le mercredi, c’est bodyjam.
Tu connais pas le bodyjam ? C’est facile, c’est un cours de danse sur de la musique de djeuns, avec des mouvements de djeuns, et toi t’as ton corps de déjà vieille. Tu vois le truc ?

Donc, le mercredi, c’est bodyjam.

Faut que tu saches un truc sur moi, cher lecteur. La danse et moi, c’est comme Bernard Minet et Dorothée, comme Justin Bieber et son despacito-qu’on-sait pas-ce-que-ça-veut-dire-ce-mot, ou encore comme Trump et son coiffeur : c’est du solide, c’est de l’inséparable. Si je poussais le bouchon un peu trop loin, je dirais que sans la danse, pour moi, c’est comme si Roméo n’aimait plus… Virginie (désolée lecteur de moins de 30 ans, tu n’as pas compris la blague, t’étais pas encore là à la grande époque !) Je pense avoir écumé tous les bals musette du fin fond des Alpes pendant ma belle jeunesse, et même encore aujourd’hui j’ai du mal à ne pas finir la dernière sur une piste de danse.

Bref, aujourd’hui, c’était donc bodyjam.

Après 2 mois en France, sans sport, et avec 4 kilos en plus. Tu vois la reprise ?

Alors moi je veux bien avoir galéré comme une dingue, ça sera ma punition pour les repas en trop. Ça, ok, c’est réglé, c’est assumé. Mais je pense qu’il y a quand même un sujet qu’il faut que j’amène sur le tapis, parce que là, ça va plus.

 

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