Le syndrome Jean-Claude Van Damme

Un jour, le grand Jean-Claude Van Damme a dit : « Un replicant quand il naît, il est physically formé comme un gars de 40 ans, mais son brain… comment on dit ? son computer brain ? son cerveau, il faut qu’il absorbe tout ce qu’il y a autour, qu’il voit les couleurs, qu’il touche comment sont les choses, il est aware…  »

Vous n’avez rien compris et c’est normal, je ne pense pas que lui non plus se soit vraiment compris en philosophant. Mais allez, avouez, ne nous sommes pas tous légèrement moqués un jour ou l’autre de ce Bruxellois émigré aux États-Unis qui cherchait un mot sur deux dans sa langue maternelle ? Ne le faisait-il pas un peu exprès ? N’était-ce pas pour se faire remarquer ?

Enfin moi, j’avoue, je me suis moquée, et puis un jour, à mon tour, je suis partie comme lui en expatriation.

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Mes enfants sont bilingues (et moi je rame)

Discussion de la semaine dernière à la maison, typique de mon quotidien :

Robin, 3 ans : « Maman, elle est où ma star couette ?! »

Naturellement, je lui ai répondu : « La couette avec des étoiles ? Au lave-linge mon chéri ! ».

Ça vous en bouche un coin là hein ?! Non parce que figurez-vous que dans un tiroir de mon cerveau j’ai depuis 5 ans l’option décodage du français approximatif de mes enfants, ce qui me permet de suivre à peu près leurs différentes inventions quotidiennes. Maintenant, je sais qu’on ne va pas jouer au square mais au playground, qu’on vient de croiser une rouge voiture, que le chaton il est so cute, que parfois les choses ça se ressemble comme… (tiens je vous le laisse méditer celui-là, j’ai mis un bon moment à le comprendre alors j’aimerais bien savoir si c’est moi qui suis lente du cerveau ou si c’est vraiment tordu comme expression… Je vous donne un exemple : Ça se ressemble comme il va pleuvoir. A vous de mariner, tiens).

Mais le pire dans cette histoire finalement, ce n’est pas quand mes enfants parlent un espèce de gloubi-boulga français. Non, non. Y’a des situations bien plus pénibles à vivre, je vous jure.

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Le bilan de 5 ans en exp… ah non attends, j’ai un truc méga plus important à te dire !

Le 22 août 2011, il y a 5 ans donc, j’ai posé pour la première fois le pied au TexasAh non attends, j’y étais déjà allée en 2008 et j’avais trouvé Houston tellement moche que j’avais dit que c’était hors de question que je vive là bas un jour… Bon, on va faire semblant que ça s’est jamais passé ça, pfiout pfiout pfiout.

Je disais donc : le 22 août 2011, il y a 5 ans donc, j’ai posé pour la première fois le pied au Texas. 5 ans, c’est pas l’heure du bilan, ça ?

Ouvrez les mouchoirs les amis : 5 ans en expatriation, c’est beau, c’est magique, c’est une expérience à jamais gravée dans mon cœur, c’est parfois des doutes et des peurs, des difficultés dans la compréhension des coutumes et dans l’apprentissage de la lang…

Ah bah tiens attendez, pendant qu’on y est, fermez donc vos mouchoirs les amis, j’ai un coup de gueule à pousser. Non parce que pendant qu’on parle des difficultés, ça me fait penser à mon histoire de cette semaine de recherche de poufs pour les chambres de mes enfants.

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Et pendant ce temps là, dans ma tête…

Depuis quelques mois, je reste presque tous les soirs au square de l’école de mes enfants avec plusieurs mamans ou mamies américaines, et on papote de tout et de rien. En apparence, je dois avoir l’air plutôt à l’aise, en train de compatir pour le chauffe-eau qui a lâché de l’une, ou de me réjouir pour une autre qui vient de retrouver un travail. Je raconte mes petites histoires aussi, de la construction de mon nouveau potager à mes prochains projets de voyage dans le Maine. J’adore ces petits moments d’échange et je les attends avec impatience tous les jours !

Le problème, c’est que derrière les mots qui semblent sortir tout seuls de ma bouche, dans ma tête c’est plutôt… un gros bazar !

 

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